Google Car kamikaze, prise d’otage 2.0, crises cardiaques de masse : à quoi ressembleront les crimes du futur ?

William Molinié
Publié le 10 mai 2016 à 9h49
Google Car kamikaze, prise d’otage 2.0, crises cardiaques de masse : à quoi ressembleront les crimes du futur ?
L'essentiel

LIVRE - Dans "Crimes du futur", Jérôme Blanchart imagine le visage des crimes de demain à la lumière des avancées technologiques. Dans un monde de plus en plus connecté, les organisations criminelles exploitent les failles dans tous les domaines : santé, environnement, sciences…

Le crime, vu sous la loupe scientifique. A la lumière des avancées technologiques, Jérôme Blanchart imagine comment les organisations criminelles peuvent s’emparer des nouveaux outils 2.0 et les mettre au service de leurs méfaits. Dans Crimes du futur*, paru il y a quelques jours aux éditions Premier Parallèle, ce journaliste scientifique, rédacteur en chef adjoint de Science & Vie Junior, fait un constat alarmant : les "technocriminels" font déjà des dégâts. Et ce n’est que le début. Morceaux choisis.

Assassinat par piratage
Cela ne s’est encore jamais produit. Mais une démonstration à un forum cyber-sécurité à Lille en janvier dernier en a montré les failles. La plupart des pacemakers sont reliés aujourd’hui aux ordinateurs des cardiologues qui peuvent suivre les évolutions des battements de cœur de leurs patients. Or, des experts ont réussi à hacker la connexion de ce stimulateur cardiaque.

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Jérôme Blanchart imagine la suite : "Des criminels pourraient s’emparer de cette faille pour envoyer de l’électricité et émettre des décharges en continu. Voire de chauffer la batterie en silicium pour que la substance nocive se déverse dans le corps et agisse comme un poison", entrevoit-il auprès de metronews. Plus inquiétant encore, des hackers bien organisés pourraient envisager des crises cardiaques de masse en récupérant des données chez les fabricants ou distributeurs de pacemakers…

La Google Car kamikaze
Dans un rapport, le FBI listait déjà il y a quelques mois les utilisations criminelles des voitures sans chauffeur. "Si un braqueur de banque s’enfuit, on peut très bien imaginer qu’il lâche le volant pour se concentrer sur les tirs", souligne l’auteur. Autre détournement, beaucoup plus alarmant, la récupération terroriste qui pourrait en découler. Les voitures sans chauffeurs pourraient servir pour acheminer des charges explosives. Des voitures kamikazes sans kamikaze, en quelque sorte.

La prise d’otage 2.0
Le "ransomware", la prise d’otage virtuelle n’a en réalité... rien de virtuel. Et pourrait même rapporter gros aux organisations criminelles dans les toutes prochaines années, avertit Jérôme Blanchart. Le mode opératoire est simple : crypter l’accès aux objets connectés des particuliers et exiger une rançon de quelques dizaines d’euros pour le débloquer. Imaginez, votre cafetière, votre voiture, votre télévision… Toutes connectées sur le wifi de votre box. Il suffit qu’un hacker s’introduise dans le système et vous empêche de redémarrer votre véhicule si vous ne payez pas une certaine somme. "Quelques euros, seulement, pour que la victime soit prête à payer... C’est facile à faire et vu le nombre de victimes potentielles, ça rapportera énormément d’argent", ajoute Jérôme Blanchart.

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D’autant qu’aux Etats-Unis, les ransomwares ont déjà ciblé les officiers de la police de Tewksbury (Massachusetts), fin 2014. En ouvrant leur ordinateur, les policiers ont trouvé ce message : "Vos fichiers personnels sont encryptés. Coût du décryptage : 500 dollars. Si vous tenez vraiment à vos données, nous vous suggérons de ne pas perdre un temps précieux à chercher d’autres solutions parce qu’elles n’existent pas". Question : négocie-t-on avec les terroristes ? Le chef de la police, lui, a en tout cas, préféré payer…