Harcèlement scolaire : procès requis pour une enseignante et deux adolescents après le suicide d'Evaëlle, 11 ans

par A.S avec AFP
Publié le 24 février 2024 à 13h19, mis à jour le 24 février 2024 à 13h39

Source : JT 20h Semaine

Le parquet de Pontoise a requis début février le renvoi en procès pour "harcèlement moral" d'une enseignante et de deux camarades de classe d'Evaëlle.
L'adolescente de 11 ans s'était suicidée chez elle à Herblay-sur-Seine (Val-d'Oise) en 2019.
La décision du juge d'instruction est attendue à la mi-mars.

Les parents d'Evaëlle avaient alerté de la situation, en vain. Leur fille de 11 ans s'est donné la mort. Trois ans et demi après les faits, le parquet de Pontoise a requis le 12 février le renvoi en procès pour "harcèlement moral" d'une enseignante et de deux camarades de classe d'Evaëlle, collégienne qui s'était suicidée à son domicile à Herblay-sur-Seine (Val-d'Oise) en 2019, a appris l'AFP du parquet, ce samedi 24 février.

L'éventuelle ordonnance de renvoi en procès, décision du juge d'instruction, pourrait être rendue la troisième semaine de mars, a précisé le parquet de Pontoise, confirmant une information du Monde.

Dans ce cas, l'enseignante serait renvoyée devant le tribunal correctionnel et les deux adolescents devant le tribunal pour enfants. Un troisième camarade, mis en examen, a bénéficié d'un non-lieu.

"Tête de turc"

Evaëlle a mis fin à ses jours à l'âge de 11 ans le 25 juin 2019 dans le pavillon familial à Herblay, en grande banlieue parisienne. L'unique issue qu'elle ait trouvée, malgré le soutien de ses parents, pour échapper au harcèlement qui avait débuté à la rentrée 2018.  Elle était en sixième.

Pendant des mois, les parents d'Evaëlle avaient pourtant signalé la situation à la direction de l'établissement, puis à l'inspection académique, sur le harcèlement dont leur fille était victime de la part de camarades et de sa professeure de français, qui aurait selon eux encouragé ces pratiques. 

Pour une histoire de cartable trop lourd, un conflit s'était noué avec cette enseignante de français qui avait fait d'elle sa "tête de turc", avaient-ils rapporté peu après le drame. 

Le harcèlement n'a jamais cessé

La collégienne avait été décrite comme une enfant précoce et joyeuse par ses proches. Malgré un changement d'établissement scolaire, Evaëlle, suivie alors par un psychologue, avait été de nouveau confrontée au comportement violent d'un camarade dans son nouveau collège, provoquant le passage à l'acte de l'adolescente.

En septembre 2020, l'enseignante de français avait été mise en examen pour "harcèlement sur mineur de 15 ans", et placée sous contrôle judiciaire avec une interdiction d'exercer et une obligation de soins en attendant la suite de la procédure.

L'Éducation nationale a par ailleurs indemnisé la famille au titre du préjudice moral, selon le rectorat de Versailles, en échange de l'abandon d'éventuelles poursuites envers l’État. 


A.S avec AFP

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