La Gironde ravagée par des incendies

Incendies en Gironde : "Les habitants redoutent d'éventuels pilleurs"

Propos recueillis par Aurélie Sarrot
Publié le 19 juillet 2022 à 19h37
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Depuis le mardi 12 juillet, près de 20.000 hectares de forêt ont brûlé en Gironde.
Le chef d'escadron Erika Escalin qui commande les 150 militaires de la compagnie de Langon, près de Landiras, gère les opérations de surveillance sur cette zone.
Ses équipes veillent notamment à la sécurité des habitations qui ont été évacuées pour éviter tout cambriolage.

Ils sont plus de 37.000 à avoir été évacués de plusieurs communes de Gironde depuis le 12 juillet. Au fil des jours, les habitations situées à La Teste-de-Buch, Landiras et leurs environs, qui connaissent les plus gros sinistres, ont été évacuées par mesure de sécurité. 

Les évacuations se sont faites parfois très rapidement, et leurs occupants n'ont pu prendre que quelques effets personnels pour ce départ précipité. Le chef d'escadron Erika Escalin qui commande les 150 militaires de la compagnie de Langon, à quelques kilomètres de Landiras, revient pour TF1info sur le travail des gendarmes qui veillent notamment à ce que ces habitations ne fassent pas l'objet d'éventuels cambriolages. 

Des renforts gendarmerie arrivent

Depuis quand avez-vous mis en place ce dispositif de surveillance ? 

Le dispositif s'est mis en place progressivement dès le premier départ de feu le mardi 12 juillet avec les équipes locales puis il y a eu une montée en puissance conséquente au fil des jours. Nous avons un escadron de Marmande en place depuis dimanche. Un deuxième escadron, qui nous a été accordé par le ministre de l'Intérieur, arrive de Rosny-sous-Bois ce mardi. Dès mercredi matin, nous aurons plus d'une centaine de gendarmes mobiles en renfort. Au total, plus d'une centaine de gendarmes mobiles sont mobilisés en plus de la gendarmerie départementale. Et nous avons vingt patrouilles sur le terrain 24h/24.

Quelles sont exactement les missions de ces gendarmes ? 

Ils aident à l'évacuation et procèdent au contrôle de zones. Des gendarmes départementaux assurent la protection des biens, surveillent les hameaux isolés, et s'assurent qu'il n'y a pas eu d'effractions dans les domiciles. 

Ressentez-vous une inquiétude de la part des habitants par rapport à la sécurité de leurs biens ? 

Oui. Ils nous disent qu'ils ont peur pour leur habitation, qu'ils ont peur d'être cambriolés, qu'ils ont peur pour leurs animaux de compagnie restés sur place. Les habitants redoutent que le feu ou d'éventuels pilleurs leur prennent tout. 

Depuis le 12 juillet, avez-vous justement constaté des effractions de domicile ? 

Non, à ce jour nous n'avons pas constaté de cambriolage. Toute la zone est particulièrement surveillée. 

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Contrôles d'identité et contrôle de véhicules

Certaines personnes refusent d'évacuer leur domicile, comment faites-vous la différence avec des habitants et des potentiels malfaiteurs venus profiter de la situation ? 

À l'issue des évacuations, nous recensons les personnes qui refusent de quitter leur domicile malgré les discussions, la pédagogie… Nous en avons donc un état des lieux. Ces personnes sont très marginales. Nous procédons aussi à des contrôles d'identité, des contrôles de véhicules, nous vérifions tout comportement suspect dès qu'il est décelé… Nous profitons de ces occasions pour faire de la prévention et indiquer à la population que, si elle relève des comportements suspects, elle les fasse remonter aux forces de l'ordre. 

Qu'entendez-vous par "comportements suspects" ?

Déjà la zone évacuée, soit 16 communes pour le secteur Landiras, est interdite d'accès sauf autorisations particulières données sur des créneaux de temps limités en lien avec la sous-préfecture et les pompiers. Toute présence sur la zone définie et qui a été évacuée est par principe suspecte. Les propriétaires ou locataires qui ont choisi de rester chez eux n'ont pas à faire des allers et venues sur la route, ils doivent dans ce cas rester chez eux. Pour nous, il ne s'agit pas de réprimer à tout va. Nous faisons de la pédagogie. Nous expliquons que nous évacuons pour la sécurité de la population et nous rassurons les habitants sur le fait que nous protégeons leurs biens. 


Propos recueillis par Aurélie Sarrot

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