INFO LCI - Manifestation des soignants du 16 juin : des CRS visés par un jet de produits chimiques à Paris ?

William Molinié
Publié le 24 juin 2020 à 13h40, mis à jour le 24 juin 2020 à 13h49
Le 16 juin à Paris, la manifestation des soignants était partie du ministère de la Santé pour rejoindre l'esplanade des Invalides (photo). Des échauffourées avaient éclaté en fin de parcours.

Le 16 juin à Paris, la manifestation des soignants était partie du ministère de la Santé pour rejoindre l'esplanade des Invalides (photo). Des échauffourées avaient éclaté en fin de parcours.

Source : AFP

POLICE – Des CRS déployés sur le dispositif de sécurisation de la manifestation parisienne des soignants du 16 juin dernier ont ressenti des "symptômes incapacitants" au cours des débordements…

Les CRS de Sancerre et de Charleville-Mézière ont-ils inhalé du tétrachlorure de titane (TiCl4), mardi 16 juin, lors de la manifestation parisienne des soignants marquée par de nombreux incidents entre manifestants et forces de l’ordre ? C’est en tout cas une des hypothèses du laboratoire central de la préfecture de police, qui vient d’éditer une note d’information, après avoir été sollicitée par la direction centrale des CRS pour tenter d’identifier l’origine des symptômes ressentis par ces fonctionnaires de police au cours de la manifestation.

Ces derniers avaient été victimes d’un jet d’un objet de couleur sombre qui s’était brisé à l’impact avant de dégager un important nuage de fumée de couleur blanche ainsi qu’une bruine de peinture à l’odeur prononcée de produits chimiques. Immédiatement, les policiers avaient ressenti des irritations au niveau de la peau, du visage et des yeux. Ainsi que des sensations de brûlure et de nausée.

Vieux produit abandonné pour sa dangerosité

Selon le laboratoire central, le mode opératoire décrit et la réaction chimique qui s’en est suivie est caractéristique de l’éclatement d’une ampoule en verre contenant du tétrachlorure de titane (TiCl4), un produit toxique qui, combiné à d’autres réactifs, était utilisé dans la fabrication des premiers lacrymogènes avant d’être abandonné en raison de la forte corrosivité de la fumée.

                                                                                                                                                                                                                                                         

Ce type de produit n’est plus utilisé mais il est parfois retrouvé dans des déchetteries ou dans des caves, précise le laboratoire central. Il n’en reste pas moins dangereux. Car lorsque l’ampoule se brise, le liquide se transforme au contact de l’air en dioxyde de titane et en un nuage d’acide chlorhydrique produisant alors un effet incapacitant du système respiratoire. 

Des analyses complémentaires sont attendues, notamment les résultats des prélèvements effectués sur un bouclier, pour confirmer avec certitude la nature du produit.


William Molinié

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