Plusieurs hommes soupçonnés d'une série d'attaques de distributeurs automatiques de billets ont été arrêtés lundi par la Brigade de répression du banditisme de la PJ parisienne.
Tous sont soupçonnés d'avoir fait récemment sauter deux distributeurs de billets à l'aide de bonbonnes à gaz.

Ils étaient à leurs trousses depuis de longues semaines. Après avoir épié dans l'ombre tous leurs faits et gestes, les membres de la Brigade de répression du banditisme (BRB) leur ont accordé un réveil surprise à l'heure du laitier, lundi 3 avril. À travers Valenton, dans la banlieue sud de Paris, neuf hommes ont été interpellés, avec l'appui des policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) parisienne. 

D'après nos informations, tous étaient dans le collimateur de la police judiciaire de la capitale depuis deux attaques spectaculaires contre des DAB (Distributeur automatique de billets), éventrés en faisant sauter leur façade.

Le commando fait parler de lui dès le 1er novembre dernier. Avenue Gambetta, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), un peu après 3 heures du matin, une très forte détonation est entendue par les riverains. Des voyous, cagoulés et gantés, viennent de faire sauter le DAB de la Société Générale. L'explosion a été si violente que la porte du local de la banque a été propulsée à des dizaines de mètres de là, dans un jardin voisin. Les voyous repartiront avec un butin d'un peu plus de 15.000 euros en espèces. Grands seigneurs, ils laisseront au sol trois billets de 20 euros et un billet de 10 euros...

Mauvaise surprise

L'équipe n'en reste pas là, visiblement assoiffée d'argent et "déçue de la maigre somme dérobée lors de ce galop d'essai" décrypte un magistrat. Cette fois, c'est un DAB de l'enseigne CIC, à Valenton, qui est pris pour cible, le 21 janvier. Même mode opératoire, même explosion en pleine nuit, et là encore des dégâts matériels impressionnants. Mais une mauvaise surprise attend les délinquants juste avant de prendre la fuite : un dispositif de sécurité projette immédiatement de l'encre sur les billets, les rendant tous inutilisables et sans aucune valeur...

Les suspects, eux, ont commis des erreurs. Des traces ADN relevées sur place par les "experts" de la police technique et scientifique permettent à la BRB d'aiguiller ses investigations vers une équipe de Valenton, dont le commanditaire présumé, un homme âgé de 34 ans, est déjà connu pour des affaires de braquage. Grâce à un colossal travail de surveillances physiques et d'analyses téléphoniques, "nous avons pu resserrer l'étau autour de quelques noms intéressants, et observer leurs mouvements nuit et jour" confie un membre du Bastion, le siège de la PJ parisienne. 

En garde à vue, les braqueurs présumés, dont le plus jeune est âgé de 19 ans, alternent phases d'amnésie aiguë, cris d'innocence et mutisme total. Trois frères ont finalement été relâchés, sans poursuites judiciaires à leur encontre. Les six autres hommes, qui ont tous juré avoir été arrêtés par erreur, ont été déférés jeudi 6 avril devant les juges du tribunal judiciaire de Créteil (Val-de-Marne). Cinq d'entre eux viennent de passer une première nuit sous les verrous, un seul a été placé sous contrôle judiciaire.


La rédaction de TF1 | Georges BRENIER

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