Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement dans la Drôme

INFO TF1/LCI - L'homme qui a giflé Macron n'arrive pas à expliquer son geste

Antoine Llorca et le service police/justice de TF1/LCI
Publié le 9 juin 2021 à 11h56
JT Perso

Source : TF1 Info

ENQUÊTE - Les deux hommes, Damien T., qui a donné la gifle et Arthur C, qui a filmé la scène se trouvaient toujours en garde à vue ce mercredi midi.

Au lendemain de la gifle reçue par Emmanuel Macron, l'enquête avance. Selon des informations exclusives de TF1/LCI, des armes d'épaule et de poing ont été découvertes chez l'accompagnateur du "gifleur" lors d'une perquisition à son domicile. 

En plus de ces armes, "anciennes et en cours d’identification pour voir s’il est nécessaire d’avoir un permis ou pas" selon une source proche du dossier, ont été découverts un exemplaire de Mein Kampf ,  des drapeaux de l'URSS, des épées, des dagues et des armures.

Le gifleur n'arrive pas à expliquer son geste

Les deux hommes, Damien T., qui a donné la gifle et Arthur C, qui a filmé la scène se trouvaient toujours en garde  à vue ce mercredi midi. Selon nos informations, les deux hommes répondent aux questions des enquêteurs mais "le gifleur" "n'arrive pas à expliquer son geste". Il n'était ni sous l'emprise de l'alcool ni sous l'emprise de stupéfiants au moment des faits. Les gardes à vue des deux suspects ont été prolongées ce mercredi. Elles peuvent se poursuivre jusqu'à demain 13h45 maximum.

Dans un communiqué mercredi soir, le parquet de Valence indique que "lors de son audition, Damien T. reconnaît avoir porté un coup au chef de l'État et avoir prononcé des paroles dénonçant la politique". Le gifleur explique être "proche de la mouvance des gilets jaunes et avoir des convictions politiques traditionnelles de droite ou d'ultra droite sans être membre d'aucun parti ni militantisme exprimé". Il soutient avoir agi "d'instinct et 'sans réfléchir' pour exprimer son mécontentement.

Les auditions des témoins et de la compagne de Damien n'éclairent pas davantage les motivations de ce dernier.

"A l'heure actuelle, il semblerait que la préméditation ne puisse être retenue dans l'accomplissement de ce geste violent" ajoute le parquet. L'individu a pu déclarer avoir eu l'intention d'échanger verbalement avec le chef de l'Etat sur la politique menée actuellement".

"L'implication d'Arthur C. ne peut être retenue concernant les faits commis à l'encontre d'Emmanuel Macron", précise le parquet dans son communiqué. Ce dernier va se voir délivrer une convocation en justice pour la fin du second semestre 2022 pour répondre des infractions en lien avec les armes détenues illégalement.

Damien T. sera lui présenté dans le courant de la matinée de demain devant le Procureur de la République en vue de sa présentation en comparution immédiate l'après-midi. 

Profils des suspects

D'ores et déjà, les profils ds suspects, domiciliés à Saint-Vallier dans la Drôme, à 15 kilomètres de Tain L'Hermitage où ont eu lieu les faits ont été dressés.  Damien T. 28 ans est un passionné d’histoire médiévale et de jeux de rôle médiévaux. A Saint-Vallier, il a fondé deux associations dans les arts martiaux historiques européens - une pratique de combats "tombés dans l'oubli" qui compte 1.500 pratiquants en France - et les jeux de plateau à figurines.  Sur Facebook, il "aime"le groupe Action Française Lyon. Il porte aussi un intérêt pour les messes traditionalistes de Valence. 

Un des amis de Damien T.,  Loïc Dauriac, interrogé mardi par LCI le décrit comme "quelqu'un de très gentil". "Il a pas un tempérament comme ça violent. Je le connais depuis 2012 et il n'a jamais eu de problème avec la justice, avec les gens de l'association. Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête. C'est un garçon qui a une vie assez dure, il a loupé ses études. À cause de ça il n'arrivait pas à trouver de travail. Tout ça l'a sans doute poussé à réagir" précise l'ami du "gifleur" et de son complice présumé, Arthur C.  Loïc D. était présent avec eux au moment du passage à l'acte mais n'y a pas participé. 

Macron giflé : l'ami de l'agresseur témoigne sur LCISource : TF1 Info
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Arthur C., 28 ans, chez qui des armes et Mein Kampf ont été retrouvés, apprécie les jeux de rôle et  de plateau. Avec Damien T. il avait lancé en 2018 des cagnottes pour financer l'activité de leur association, Les chevaliers de la Table Carrée, "Association de jeux de plateau et vidéo, maquettisme et peinture de figurine et autre activité ludique". "L'association des Chevaliers sera fermée pour une durée indéterminée. Merci pour votre attention !" peut-on lire depuis hier soir sur la page Facebook de l'association.

Arthur C. est également conseiller de quartier dans la petite ville de Saint-Vallier. Contactée par Le Monde, la mairie de la commune assure que  ni l’un ni l’autre » des deux jeunes hommes "n’ont jamais posé de problème, leur cercle de jeu ne présentait rien de particulier, ce ne sont pas des gens qui ont fait parler d’eux"

Le préfet va porter plainte

Selon une source proche du dossier, "les deux hommes sont portés sur des influenceurs de l'ultra-droite mais de manière plus générale intéressés par tout ce qui touche aux puissances autoritaires. Il est à ce stade difficile de les situer précisément au plan idéologique". Les deux suspects sont  "inconnus de la justice", avait précisé mardi le procureur de la République de Valence, Alex Perrin. 

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour "violences sur personne dépositaire de l’autorité publique", un délit passible de trois ans de prison.  Une plainte pour "violences sur personne dépositaire de l’autorité publique" doit être déposée dans les prochaines heures par le préfet de la Drôme. Les investigations se poursuivent.


Antoine Llorca et le service police/justice de TF1/LCI

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