Soupçonné d'avoir filmé des femmes à leur insu à l'aide de caméras placées dans de faux détecteurs de fumée, un homme a été interpellé mardi à Paris.
Selon nos informations, cet ingénieur de profession avait mis en place un dispositif lui permettant de visionner et enregistrer les images à distance.
Il encourt jusqu'à deux ans de prison et 60.000 euros d'amende.

De faux détecteurs, mais de vraies caméras. Un homme a été interpellé mardi dans le XIVe arrondissement de Paris et placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée par captation d'images à caractère sexuel". 

Tout a débuté en février quand des employés d'un restaurant situé au sein du BHV se rendent compte que les détecteurs de fumées installées dans les toilettes des femmes cachent en réalité... des mini-caméras. Des appareils astucieusement dissimulés dans ces capteurs factices, eux-mêmes fixés au plafond. 

200 femmes et enfants filmés à leur insu

Le 8 février, le directeur de la sécurité de l'établissement dépose plainte. Les enquêteurs mettent alors en place un dispositif discret de surveillance physique et informatique. Des spécialistes sont mobilisés pour identifier le réseau Internet utilisé et émis par les différentes caméras. Un ingénieur en cybercriminalité arrive en renfort des policiers parisiens et parvient à remonter jusqu'à une adresse IP, une adresse postale et, enfin, une identité. 

Le suspect, employé comme ingénieur par la société Thalès, avait mis en place un dispositif qui lui permettait, à distance, de visionner et d'enregistrer les bandes vidéos sur disque dur. 

Une perquisition a lieu sur son lieu de travail, à Rungis (Val-de-Marne). À ce stade, grâce au matériel informatique retrouvé, les enquêteurs estiment qu'environ 200 femmes et enfants apparaissent sur les vidéos captées dans les toilettes. Pour l'heure, une seule femme a porté plainte. Elle avait repéré "des détecteurs de fumée suspects", ce qui a mis la puce à l'oreille des employés du restaurant. 

Mais ce n'est pas tout. Après passage au peigne fin des disques durs du mis en cause, les policiers se sont rendus compte qu'il avait installé le même type de dispositif dans les toilettes du McDonald's de Montparnasse à l'été 2020. Des faits pour lesquels il encourt jusqu'à deux ans d'emprisonnement et à 60.000 euros d'amende.


La rédaction de TF1 | Raphaël Maillochon

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