Inceste : la parole se libère

INFO TF1 / Oliver Duhamel reconnait les faits d'inceste devant la Brigade de protection des mineurs

Georges Brenier
Publié le 14 avril 2021 à 14h24, mis à jour le 15 avril 2021 à 11h31
INFO TF1 / Oliver Duhamel reconnait les faits d'inceste devant la Brigade de protection des mineurs

Source : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

ENQUÊTE - D’après nos informations, le politologue de 70 ans soupçonné d’inceste a été interrogé mardi 13 avril comme simple témoin par la police. Face aux enquêteurs, il a reconnu des faits d’agressions sexuelles contre son beau-fils.

Il est le dernier protagoniste de "l’affaire Duhamel" que les policiers voulaient interroger. Celui qui a donné son nom à ce dossier d’inceste. Olivier Duhamel, soupçonné de viols commis sur son beau-fils alors qu’il était jeune adolescent dans les années 80, a été convoqué mardi 13 avril dans les locaux de la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire parisienne. 

Une enquête avait été ouverte en janvier dernier par le parquet de Paris pour "viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans", suite à la publication du livre La Familia grande, écrit par Camille Kouchner, sœur de la victime présumée. La fille de l’ancien ministre Bernard Kouchner y accusait son beau-père d’avoir abusé de "Victor", son frère jumeau.

Reconnaissance des faits et "regrets"

Olivier Duhamel a été entendu librement pendant plusieurs heures par les enquêteurs au "Bastion", le siège de la police judiciaire parisienne. D’après un magistrat, l’ancien directeur de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) a reconnu avoir bel et bien commis des agressions sexuelles contre "Victor", mais dément formellement avoir violé son beau-fils. Il dit n’avoir jamais eu recours à la force, aux violences, aux menaces. 

Selon cette même source judiciaire, le constitutionnaliste a exprimé des regrets lors de son audition. Il parle d’une énorme bêtise et s’excuse. Il a du mal à expliquer pourquoi il a commis ces agressions sexuelles, frappé d’amnésie dès lors qu’il s’agit de rentrer dans les détails, de se souvenir de choses précises. Il minimise la période pendant laquelle les agressions ont eu lieu (un an, pas plus longtemps) et dément être pédophile. Pour lui, ce sont des gestes d’affection qui sont allés trop loin.

Son audition a duré six heures environ, en présence de son avocate. Contactée par TF1, l’avocate du politologue n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos messages.

Les faits étant prescrits, car datant de 1983, Olivier Duhamel ne pouvait pas juridiquement être placé en garde à vue. Il ne peut plus techniquement être poursuivi pour ces faits. Aucun procès n’aura donc lieu.

Mais l’enquête, elle, se poursuit, le ministère public souhaitant "identifier toute autre victime potentielle". D’après nos informations, aucune autre victime potentielle d’Olivier Duhamel n’a été identifiée à ce stade des investigations.


Georges Brenier

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