Cold case en Isère : 36 ans après, un homme avoue le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti

Aurélie Sarrot
Publié le 12 mai 2022 à 19h29, mis à jour le 13 mai 2022 à 17h25
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Un homme aujourd'hui âgé de 56 ans a reconnu avoir tué Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans et mère de deux enfants, le 22 mai 1986, à Pontcharra.
Il a été mis en examen pour "enlèvement, séquestration et meurtre", a annoncé jeudi le parquet de Grenoble.

Elle avait disparu au mois de mai 1986 à Pontcharra dans l'Isère. Ce jour-là, Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans et mère de deux enfants, avait garé sa voiture sur la voirie pour distribuer les journaux comme elle le faisait chaque matin.  La jeune femme n'a jamais réapparu après. Ce jeudi, 36 ans après les faits, le procureur de la République de Grenoble Éric Vaillant indique que ce cold case a enfin été résolu.  "Un homme de 56 ans mis en examen pour 'enlèvement, séquestration et meurtre" annonce le parquet de Grenoble. 

L'homme mis en cause, qui avait déjà été soupçonné à l'époque, placé en garde à vue puis remis en liberté sans poursuite faute de preuve, "a reconnu l'avoir tuée", a-t-il ajouté.  Son adjoint Boris Duffau a pour sa part précisé que le mobile déclaré était un "litige" et "à ce stade (sans) aucune connotation sexuelle". Les magistrats n'ont en revanche ni donné l'identité du mis en cause, ni précisé s'il avait donné des informations quant à la localisation du corps de la victime. 

Elle avait dit à sa voisine qu'elle rentrerait vers 16h30

Le 22 mai 1986, vers 15h30, Marie-Thérèse Bonfanti, témoin de Jehovah, tout comme son mari, un employé d'une cartonnerie, effectuait, comme elle le fait depuis plusieurs années, une tournée de distribution de journaux gratuits dans les boites à lettres de la Rochette (Savoie) et de Pontcharra (Isère), ou elle habitait depuis plusieurs années. 

Avant de partir pour sa tournée, la jeune femme avait confié ses deux enfants, âgés de 4 ans et six mois, à une voisine en lui disant qu'elle serait de retour vers 16h30. Elle n'est jamais rentrée. Son véhicule, chargé de piles de journaux, avait été retrouvé abandonné, portières ouvertes, son sac à main posé sur un siège, dans une impasse située sur l'itinéraire qu'elle empruntait habituellement pour sa tournée, et non loin d'une maison délabrée.

La persévérance des familles saluée

L'enquête, qui avait fait l'objet d'un non-lieu en novembre 1987, avait été rouverte en 2020, notamment grâce à "la persévérance des familles" et à la "volonté" des enquêteurs, a déclaré Eric Vaillant, procureur de la République de Grenoble lors d'un point presse. L'avocat de la famille Bonfanti, Me Bernard Boulloud, a de son côté fait part du "grand soulagement" de ses clients. Après tout ce temps, le mari de la victime, Thierry Bonfanti, ne ressent "pas de haine", a-t-il assuré.

Éric Vaillant s'est félicité de l'élucidation de ce cold case, la deuxième à Grenoble en moins d'un an, a-t-il souligné, après celle de l'affaire Marinescu en juin 2021. Dans cette affaire, un homme avait été mis en examen et incarcéré, 28 ans après les faits, pour l'assassinat de sa femme et le meurtre et viol de sa fille, retrouvées égorgées en 1993 près de Grenoble.

Ce résultat est "d’abord la conséquence de la persévérance des familles aidées par leurs avocats et les associations des familles de disparus", qui a été "parfaitement relayée par la volonté de la justice et des services d’enquête de faire toute la vérité sur ces affaires anciennes", a-t-il souligné. 

Le procureur a aussi loué "l'expérience précieuse" accumulée par la gendarmerie de Grenoble dans l’analyse des dossiers criminels anciens, notamment en lien avec l'affaire Nordahl Lelandais. L'ancien militaire a été condamné le 18 février à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de la petite Maëlys en août 2017, alors qu'il purgeait déjà une peine de 20 ans de prison pour le meurtre d'un jeune caporal quelques mois plus tôt.


Aurélie Sarrot

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