Effondrement d'un viaduc à Gênes

Quatre ans après l'effondrement du pont de Gênes, l'heure du procès

M.C, avec l'AFP
Publié le 7 juillet 2022 à 6h32, mis à jour le 8 juillet 2022 à 1h03
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Source : JT 20h Semaine

Le pont de Gênes s'est effondré en 2018, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes.
Le procès lié à cette catastrophe s'ouvre ce jeudi 7 juillet 2022.
Les familles des victimes réclament justice et dénoncent le manque de communication.

Le 14 août 2018, le pont Morandi de Gênes, situé en Italie - un axe essentiel pour les trajets locaux et internationaux - s'effondrait, causant la mort de 43 personnes, dont cinq enfants. Une trentaine de véhicules s'étaient écrasés 45 mètres plus bas. Cette tragédie avait permis de mettre en lumière le mauvais état des routes et des ponts dans la péninsule i. Le procès de cette catastrophe, très attendu, s'ouvre ce jeudi 7 juillet 2022, près de quatre ans après le drame. 59 personnes seront sur le banc des accusés.

Les familles des 43 victimes attendent avec impatience, mais également avec beaucoup d'anxiété, le début du procès dans cette ville portuaire du nord de l'Italie. "C'est une tristesse infinie, mais il ne faut pas baisser la garde car, en Italie, les procès sont longs et malheureusement souvent avec des issues défavorables aux victimes", a déclaré Egle Possetti, présidente du Comité des proches des victimes du pont Morandi.

"On s'est sentis abandonnés dès le premier jour"

Egle Posseti a perdu trois membres de sa famille. Sa sœur Claudia, son neveu Manuele, 16 ans, sa nièce Camilla, 12 ans et son beau-frère Andrea : "Ma sœur était si heureuse, elle s'était mariée avec Andrea quelques jours avant le drame, ils étaient tout juste de retour de leur voyage de lune de miel aux États-Unis", a-t-elle confié. 

Cet effondrement a mis en lumière le mauvais état des infrastructures de transport en Italie, mais également le rôle de la société Autostrade per l'Italia (Aspi), accusée de ne pas avoir assez entretenu la structure. Une entreprise contrôlée par la famille Benetton, qui a fini par céder ses parts à l'État, avant de se remettre en question, en janvier dernier. "Nous aurions dû présenter nos excuses immédiatement", a reconnu Alessandro Benetton, nouveau président du groupe. 

Suivie depuis le drame, Egle Posseti a évoqué son sentiment d'abandon et de non-compréhension de la part des responsables.  "On s'est sentis abandonnés dès le premier jour, pendant des mois nous n'avons eu de nouvelles de personne", a-t-elle confié, avant de poursuivre : "Ils m'ont proposé de l'argent, mais ça ne m'a pas intéressée, car je ne voulais pas perdre la possibilité de me constituer partie civile", a-t-elle expliqué. 

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Mais Egle Posseti n'est pas la seule à réclamer justice. Giorgio Robbiano, 45 ans, a, lui aussi, perdu trois membres de sa famille dans cet accident. "Je ressens le besoin de justice, de savoir que quelqu'un est coupable de la mort de mon frère, de mon neveu, de ma belle-sœur et de tant d'autres, et répondra de ses actes", a-t-il déclaré. "Ils sont morts en raison d'un pont qui n'a jamais été entretenu, sur lequel des gens spéculaient pour économiser des coûts de maintenance et faire des profits", s'est-il insurgé.  

La durée du procès est estimée à deux ou trois ans. Quant au nouveau pont de Gênes, baptisé San Giorgio, il a été inauguré en un temps record le 3 août 2020, près de deux ans après le drame. 


M.C, avec l'AFP

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