Un professeur d'histoire-géographie était jugé jeudi au Havre pour avoir sorti un couteau devant ses élèves en octobre 2023.
L'enseignant qui avait aussi proféré des propos "violents" a évoqué un "pétage de plomb".
Il a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d'enseigner de trois ans.

C'est un "pétage de plomb, j'ai craqué (...) l'extrême droite m'a récupéré mais je ne suis pas leur héros, je suis malade, il faut les combattre". Voilà comment s'est défendu jeudi devant le tribunal du Havre un professeur d'histoire-géographie qui était jugé pour avoir sorti un couteau devant ses élèves en octobre 2023 et proféré des propos "violents".  

Patrick D., 52 ans, avait sorti le 21 octobre 2023 un couteau Opinel devant ses élèves en classe de 1ère et avait déclaré : "Si on m'énerve, je suis capable de soulever un seconde et lui taper la tête contre le mur jusqu'à ce qu'elle explose", avant d'indiquer bénéficier d'un "totem d'immunité". Il a été condamné au Havre à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d'enseigner de trois ans.  Le tribunal l'a également condamné à cinq ans d'interdiction de port d'arme. Il n'a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait une injonction de soins, comme le réclamaient également plusieurs représentants légaux des élèves.

"Souffrance psychologique"

Le prévenu, souvent confus pendant l'audience, a reconnu avoir "craqué" dans le contexte des attentats islamistes envers les enseignants. Les faits s'étaient produits quelques jours après un hommage à Samuel Paty et après l'assassinat de Dominique Bernard. Les deux enseignants ont été assassinés dans des attentats islamistes, Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine en octobre 2020 et Dominique Bernard à Arras, le 13 octobre 2023.

Le tribunal a retenu les expertises médicales reconnaissant que l'enseignant, "en souffrance psychologique depuis longtemps", subissait une altération de son jugement au moment des faits, sans abolition. 

Référent laïcité dans son établissement, le prévenu a rappelé le passif l'ayant selon lui amené à ce "dérapage" : Charlie Hebdo, Dominique Bernard, Samuel Paty, "beaucoup d'arrêts maladies" et sa "solitude".

"Il ne va pas bien, tout le monde l'a vu"

Le substitut du procureur de la République du Havre Philippe Antoine a requis une condamnation de trois mois avec sursis pour ne pas procurer de "totem d'immunité". L'enseignant était poursuivi pour violence psychologique avec arme et port d'arme prohibé.

Son avocat, Me Antoine Siffert, réagissant à la condamnation de son client, a regretté que le tribunal "juge qu'un enseignant qui touche le fond a commis une infraction".

"Il ne va pas bien, tout le monde l'a vu mais personne ne le dit" à l'Éducation nationale, avait-il accusé lors de sa plaidoirie. "Sa femme a peur de ne pas le voir revenir du lycée le soir, et lui il est seul devant sa classe pour gérer ça".


A.S avec AFP

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