"Jacquie et Michel" : le propriétaire du site pornographique en garde à vue

L.V.
Publié le 14 juin 2022 à 9h57
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Le propriétaire du site "Jacquie et Michel" et quatre autres personnes ont été placés en garde à vue ce mardi.
Une enquête a été ouverte en 2020 à Paris pour "viols" et "proxénétisme".

Dans le cadre d'une enquête sur "Jacquie et Michel", le propriétaire du site pornographique, Michel Piron, et quatre autres personnes ont été placés en garde à vue ce mardi 14 juin 2022. Cette enquête a été ouverte à Paris pour "viols" et "proxénétisme", rapporte l'AFP de sources concordantes.

Le propriétaire et sa femme "ont été placés en garde à vue ce matin dans le cadre d’une enquête préliminaire" ouverte en juillet 2020 "pour des faits supposés de proxénétisme, complicité de viol et complicité d'agressions sexuelles entre 2009 et 2015", a annoncé l'avocat du groupe Ares, détenteur du site, Me Nicolas Cellupica. 

"Je vous confirme que l'intéressé et son épouse ont été placés en garde à vue notamment des chefs d'agressions sexuelles (pour lui) et complicité (pour lui et elle), (pour les deux) complicité de tentative de viol, de viols et de viols aggravés, complicité de proxénétisme et de proxénétisme aggravé et complicité de traite des êtres humains", indique le parquet de Paris à TF1info, précisant que "deux autres hommes ont été placés en garde à vue" et "qu'à ce jour la procédure compte 7 plaignantes".

"Il s’est toujours dit du côté des victimes"

Depuis l'ouverture de l'enquête, "Michel Piron a toujours sollicité à être entendu par les enquêteurs et à répondre ouvertement à leurs questions", a indiqué Me Cellupica à l'AFP.  "Il s’est toujours dit du côté des victimes si des actrices ont subi des actes de violences sexuelles qu’il ignorait parfaitement", a ajouté l'avocat.

"Le groupe 'Jacquie et Michel' n'a jamais produit ou réalisé de film et n'est que diffuseur de films réalisés par des producteurs indépendants", a insisté le conseil du groupe.

"Enfin, la pornographie n'a jamais été assimilée à de la prostitution : une actrice porno n’est pas une prostituée et un réalisateur ou diffuseur n'est pas un proxénète", a souligné cet avocat. "Ce dossier devrait faire l'objet d'une ouverture d'information judiciaire en fin de semaine".

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"Pratiques sexuelles hors normes et douloureuses"

Le 10 juillet 2020, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour "viols" et "proxénétisme" à la suite du signalement de trois associations féministes, confiée à la police judiciaire parisienne. Celle-ci avait débuté suite à un signalement adressé en février de la même année par Osez le féminisme, les Effronté-es et le mouvement du Nid, qui relayaient les témoignages de plusieurs actrices. Ces femmes assuraient avoir été contraintes à des "pratiques sexuelles 'hors normes et douloureuses' alors qu'elles n'étaient pas consentantes".

Ce signalement avait suivi la diffusion en février par le site Konbini d'une vidéo intitulée "Les coulisses sordides du porno amateur", dans laquelle deux femmes témoignaient de ces pratiques. "J'avais dit pas d'anal, on m'a proposé de le faire, j'ai dit non (...) et pendant l'une des scènes ils ont quand même essayé contre mon gré", y racontait l'une d'elles, "Nailie". "T'as peur, vraiment t'oses pas dire non, t'es devant la production, les acteurs, et t'es complètement seule. Donc non, tu dis pas non".

"Jacquie et Michel est une plateforme de diffusion de vidéos produites par des professionnels et dans lesquelles on va entretenir une esthétique amateur", a expliqué à l'AFP le journaliste Robin d'Angelo.

Dans un livre-enquête intitulé "Judy, Lola, Sofia et moi", il a raconté son infiltration dans l'industrie du porno amateur et dénoncé l'absence récurrente de consentement et le non-respect du droit du travail.

"La société titulaire de la marque Jacquie et Michel s'est organisée pour être le moins possible responsable de la production vidéo, elle se limite à diffuser du contenu qu'elle achète à des producteurs", a-t-il détaillé.

"En général, il n'y a pas de contrat de travail, seulement une cession du droit à l'image pour des sommes comprises entre 250 et 300 euros", avait poursuivi le journaliste, tandis que des acteurs sont rémunérés pour attirer de nouvelles actrices.


L.V.

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