"Je vais te tuer !" : à son procès, le "monstre de Colombes", menace son avocat

Le service METRONEWS
Publié le 25 mai 2016 à 20h02
 "Je vais te tuer !" : à son procès, le "monstre de Colombes", menace son avocat

COMPTE RENDU D’AUDIENCE - Au troisième jour de son procès aux assises des Hauts de Seine, à Nanterre, Sofiane Rasmouk a récusé ses avocats, à grands renforts de menaces et de vociférations. Un incident qui a entraîné plusieurs heures de suspension d’audience… pour pas grand chose.

Coup de théâtre aux assises des Hauts de Seine, ce mercredi. Au troisième jour de son procès à Nanterre, Sofiane Rasmouk, 28 ans, poursuivi pour tentative de meurtre et viols sur deux jeunes femmes, a souhaité récuser ses avocats, qui "ne partagent pas sa ligne de défense". Résultat : plusieurs aller-retours dans les geôles, des menaces de mort et d’innombrables suspensions d’audience.

On avait pourtant remarqué le signe avant-coureur d’une belle pagaille : les débats ont repris, cet après-midi, avec 55 minutes de retard. Revenu dans les geôles du palais de justice pendant la pause déjeuner, Sofiane Rasmouk, tee-shirt blanc, cheveux lissés vers l’arrière et petite moustache, fait des manières. Laborieusement de retour dans la salle d’assise – et alors qu’il doit, plus tard dans la journée, s’expliquer sur les faits – il lance d’emblée : "Madame la présidente, excusez-moi, hein, mais je veux plus de mes avocats". Edith Sudre, la présidente du tribunal, semblait s’attendre à pareille requête. "Dans ce cas, lui explique-t-elle patiemment, je nomme commis d’office l’avocat le plus ancien dans ce dossier, qui vous suit depuis le début, maître Aurélien Barbaut".

"Je veux pas de cet avocat"

L’ambiance se calme, à peine. Dans la salle, chacun se tasse dans son siège : l’audience va pouvoir reprendre. Pour les deux victimes, Sandra et Priscilla, accompagnées de leur famille, l’importance de ce procès est capitale. La première, violée à deux reprises et passée à tabac dans une rue de Colombes, par une soirée d’août 2013, l’a répété à la barre ce matin-même : "Je veux que tout le monde sache ce qu’il a fait. Qu’il est un violeur, un pointeur." La seconde, Priscilla, garde de lourds stigmates de son agression, qui a lieu à 600 mètres de là, la même nuit. Les policiers, dépêchés sur les lieux, découvrent son corps inanimé. Laissée pour morte, elle passera un mois dans le coma.

Mais Sofiane Rasmouk ne l’entend pas de cette oreille. En fond sonore, un brouhaha. C’est Rasmouk qui parlemente avec son nouvel avocat. Soudain, Aurélien Barbaut se lève. "Je suis vraiment désolé, madame la présidente, mais ce qui reste de la défense vient de se faire menacer. Ça va être très compliqué pour moi de continuer." Son client, dans un tic nerveux, se touche les pectoraux. Il avance une main, énorme, et bouge son doigt de droite à gauche. "Je veux pas de ces avocats-là. Je vais en choisir un autre." Et puis, au milieu de l’agitation ambiante, retentit, parfaitement audible, un "je vais te tuer!", lancé par l’accusé à l’adresse de son conseil commis d’office. Personne ne se fige, tout le monde a entendu, mais qui s’étonne ?

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"Y'aura pas de procès !"

C’est que, depuis lundi 23 mai, date du début du procès de celui que la presse, un temps, a surnommé "le monstre de Colombes", Sofiane Rasmouk est ingérable. Mythomane, immature et "aux tendances psychopathes nettes", comme l’ont noté les experts dans leur rapport, il s’attache à nier les faits de viol. Et reconnaît du bout des lèvres avoir porté "quelques coups" à Priscilla, qui, dans sa version rocambolesque était censée "faire la nourrice" (personne qui stocke la drogue à son domicile, ndlr), dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. L’ADN de l’accusé, en revanche, a bien été retrouvé sur les deux victimes.

Nouvelle suspension d’audience, nouvelle décision de la présidente, qui cette fois commet d’office maître Francis Terquem, choisi dès le début de l’affaire par l’accusé. Pas question, pour elle, d’ajourner ce procès. Esclandre, à nouveau. Rasmouk ne veut pas non plus de cet avocat-là. "C’est mon droit, on est en démocratie !" vitupère-t-il. "Si je peux pas choisir mon avocat, y’aura pas de procès ! Allez-y, jugez-moi, je ferai appel, pas de problème !" Près d’une heure plus tard, il réapparaît dans le box, acceptant finalement de comparaître ce mercredi soir. Sera-t-il présent ce jeudi ? Personne ne peut le dire. Il reste à Sofiane Rasmouk un certain penchant pour l’imprévisible.


Le service METRONEWS

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