La jeune joggeuse retrouvée en Mayenne avoue avoir menti

La jeune joggeuse retrouvée en Mayenne a pu rentrer chez elle : ce que l'on sait de l'enquête

La rédaction de LCI
Publié le 9 novembre 2021 à 10h50, mis à jour le 10 novembre 2021 à 19h46
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

ENQUÊTE - Retrouvée "en état de choc", la jeune fille qui avait été portée disparue a dit avoir échappé à "deux ravisseurs" sur la commune de Saint-Brice (Mayenne). Ce mardi, à 19H, elle a pu retrouver sa famille.

L'inquiétude était vive en Mayenne et malgré le soulagement, toute la lumière n'a pas encore été faite sur ce qu'il s'est passé. La jeune fille de 17 ans, portée disparue depuis lundi, a été retrouvée, vivante, mais en "état de choc", vingt-quatre heures plus tard. Elle aurait déclaré dans une première audition avec les enquêteurs avoir échappé à "deux ravisseurs". Ce mardi soir, le parquet a indiqué que les investigations sur le lieu des faits touchaient à leurs fins. Un travail d'auditions, de réquisitions et de vérifications sont toutefois toujours en cours afin de retracer le déroulement de la journée de cette lycéenne. "Elle a pu retrouver sa famille", explique Céline Maigne la procureur de la République de Laval. 

L'adolescente était partie, comme elle en a l'habitude, lundi faire son jogging dans la forêt de Bellebranche, en Mayenne. Selon le témoignage du père, elle aurait quitté le domicile familial de Saint-Brice en Mayenne vers 16 h. Elle n'est jamais rentrée. C'est son père qui, inquiet de ne pas la voir revenir, a alerté les forces de l'ordre.

Des effets personnels retrouvés

Constatant que sa fille ne rentrait pas de son jogging, le père s'est rendu sur le parcours habituel réalisé par sa fille sans parvenir à la retrouver. Plusieurs effets personnels ont cependant été découverts. Certains, portaient des traces de sang, parmi lesquels ses écouteurs, selon une source proche du dossier à LCI qui confirme une information d'Europe 1. À 18 h 50, les proches de la jeune fille ont contacté les gendarmes.

D'après les données de l'application Strava, qui suit les déplacements des sportifs grâce aux données GPS, la jeune femme a couru 1 kilomètre lundi à Saint-Brice contre une boucle de cinq kilomètres habituellement. Son parcours s'arrête au carrefour de trois routes de campagne.

Peu après 21 heures mardi, la procureure de la République a cependant annoncé que la jeune fille avait été retrouvée vivante et qu'elle allait "être médicalement prise en charge pour s’assurer de son état de santé". Elle serait alors "en état de choc" et aurait été visiblement blessée, ensanglantée, selon des témoignages du voisinage.

Enquête pour enlèvement et séquestration

Dans de premiers propos déclaratifs aux enquêteurs, la jeune fille aurait déclaré avoir échappé à deux ravisseurs. Elle aurait réussi à s'enfuir et se serait réfugiée dans un kebab de Sablé-sur-Sarthe, à 10 kilomètres du lieu où elle avait été portée disparue et seul commerce alors encore ouvert. Ce sont les gérants de ce lieu qui ont ensuite prévenu les gendarmes. 

L'enquête avait débuté sur le fondement d'une disparition inquiétante et avait été requalifiée sous le chef d'enlèvement et séquestration avant même que la jeune fille soit retrouvée par la procureure de la République de Laval, Céline Maigné. Celle-ci avait alors souligné dans la conférence de presse qu'elle avait tenu mardi soir que ce délit est puni d'une peine compressible dans l'hypothèse où l'auteur des faits libère volontairement et rapidement la personne retenue. 

Si la jeune fille a été retrouvée, l'enquête se poursuit malgré tout. 100 gendarmes sont encore mobilisés, dont la gendarmerie scientifique, pour continuer l'investigation judiciaire et la recherche de nouvelles preuves, mais aussi pour sécuriser certains lieux comme le domicile des parents. Leur nombre est susceptible d'augmenter en fonction de l'enquête en cours.

Un homme avait été interpellé lundi dans la soirée à son domicile après voir appelé à plusieurs reprises la gendarmerie pour obtenir des informations sur la disparition de la jeune fille. En état d'ébriété lors de son interpellation, il avait dû être placé en cellule de dégrisement avant d'être entendu par les gendarmes "en vue d'éclaircir son emploi du temps au vu des quelques incohérences de ces premières déclarations", avait indiqué la procureure. La garde à vue de l'individu, âgé de 42 ans et connu pour des faits de droit commun, s'est finalement achevée mardi, a précisé la procureure de Laval à LCI. Son implication dans cette affaire a été écartée.

Une forêt fréquentée par vététistes, promeneurs et joggeurs

Un important dispositif avait été mobilisé pour retrouver la jeune fille. "Sur les plans terrestre, aérien et nautique, 20 militaires ont été engagés dès le signalement, ce nombre ayant progressivement été porté à 50 dont plusieurs équipes cynophiles, puis 120", avait indiqué la procureure ce mardi dans un communiqué. 

Un hélicoptère, une équipe fluviale de Nantes et une équipe cynophile ont également été déployés, et le dispositif a été encore renforcé dans l'après-midi pour être porté à 200 gendarmes. Sur le plan judiciaire, une quarantaine d'enquêteurs étaient mobilisés ainsi qu'un certain nombre de spécialistes en investigations criminelles, en nouvelles technologies et en analyse criminelle. 

"L’enquête a été confiée dès hier soir à la section de recherches d’Angers et à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Château Gontier sur Mayenne. Les premiers éléments recueillis, qui doivent désormais être exploités, ne permettent en l’état d’écarter aucune piste", avait déclaré la procureure.

"La nécessité de préserver la qualité du travail d’enquête, dans l’intérêt de la jeune fille disparue et de ses proches, me conduit à appeler les personnes souhaitant apporter leur soutien à la famille à ne pas circuler dans la zone des recherches afin de ne pas perturber les investigations", avait précisé la magistrate dans son communiqué ce mardi.

À cheval entres les communes de Saint-Brice et Bouère, la forêt domaniale de Bellebranche s'étend sur une superficie totale de 145 hectares. Selon André Boisseau, maire de Saint-Brice, elle est très fréquentée des vététistes, promeneurs et autres joggeurs. "Nous sommes extrêmement inquiets. Notre commune compte 540 habitants. Ici, tout le monde se connait", avait confié André Boisseau, maire de Saint-Brice, où est domicilié la jeune fille, avant qu'elle soit retrouvée dans la soirée.


La rédaction de LCI

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