Le parquet antiterroriste demande un procès contre le groupe d'extrême droite "OAS"

Maxence GEVIN avec AFP
Publié le 9 avril 2021 à 10h10
Le Pnat a réclamé le 8 avril l'ouverture d'un procès contre des membres du groupuscule OAS.

Le Pnat a réclamé le 8 avril l'ouverture d'un procès contre des membres du groupuscule OAS.

Source : VALERY HACHE / AFP

JUSTICE - Le parquet national antiterroriste a demandé jeudi l'ouverture d'un procès pour neuf membres du groupe d'ultradroite surnommé OAS. Ces derniers sont notamment soupçonnés d'avoir fomenté des attaques contre des personnalités politiques françaises.

Le parquet national antiterroriste a demandé jeudi l'ouverture d'un procès pour neuf membres du groupuscule d'ultradroite "OAS", soupçonnés d'avoir voulu s'en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon et plusieurs personnes de confession musulmane. Dans son réquisitoire définitif, le Pnat réclame que les suspects soient jugés pour "association de malfaiteurs terroriste", six devant le tribunal correctionnel et les trois autres, mineurs au moment des faits, devant le tribunal pour enfant. Les juges d'instruction prendront leur décision d'ici un mois. 

Le groupuscule "OAS" a été démembré en octobre 2017. Quelques mois plus tôt, en juin 2017, son chef autoproclamé, Logan Nisin avait été arrêté par les forces de l'ordre. Depuis, il demeure en détention provisoire. "Je n'attendais que ça", s'est réjoui Me Eric Bourlion, l'avocat de Logan Nisin, au sujet de la décision du Pnat. Il a toutefois dénoncé un processus judiciaire qui a, de fait, forcé son client à une longue période d'incarcération. "À la fin on lui reproche un délit, c'est un soufflé judiciaire servi trop froid", assène-t-il. 

Des projets d'attaque contre Castaner et Mélenchon

Originaire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), le prévenu avait reconnu avoir fondé un groupuscule sous le nom d'OAS, une référence assumée à l'Organisation armée secrète, responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie dans les années 1960. Il ambitionnait d'"enclencher une re-migration basée sur la terreur". Selon les enquêteurs, il aurait voulu s'en prendre à l'ancien ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, aujourd'hui président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale ainsi qu'au chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Plusieurs autres actions contre des "kebabs" de Marseille ou le "chantier de la grande mosquée de Vitrolles" sont également évoquées. Le suspect aurait toutefois affirmé avoir renoncé à ces attaques, faute d'avoir "les capacités" de les mettre en œuvre.

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Depuis 2017, au moins quatre autres enquêtes antiterroristes liées à des projets d'action violente de l'ultradroite sont en cours. 


Maxence GEVIN avec AFP

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