Un des détenus ayant participé à l'événement "Kohlantess" dans l'enceinte de la prison de Fresnes a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour viol, par la cour d'assises du Val-de-Marne en février 2021.
Un autre aurait été condamné pour meurtre, selon BFM TV.

La polémique après l'organisation de "Kohlantess", jeu inspiré de "Koh-Lanta", à la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne) n'est apparemment pas prête de s'éteindre. La publication de la vidéo sur les réseaux sociaux, vendredi 19 août, montrant détenus, surveillants, et jeunes des cités s'affrontant au cours d'épreuves dans l'enceinte de la prison avait déjà suscité de vives réactions, notamment de la part d'élus de droite et d'extrême droite. Les nouvelles révélations faites lundi au sujet du profil de certains participants n'ont fait que la raviver.

Dans la vidéo postée la semaine dernière, Djibril Dramé, organisateur du jeu, expliquait en effet que les détenus ayant participé au jeu étaient en détention "pour de courtes peines". "D'accord, toutes les personnes (détenues) qui sont là le sont pour une bonne raison et la voie de la réinsertion passe par le travail en prison, mais nous avons aussi un devoir de ne pas les mettre de côté et de ne surtout pas oublier qu'ils sont des humains comme vous et comme moi", ajoutait-il.

"La confiance a été rompue"

Lundi soir pourtant, la vidéo en question a été supprimée par l'organisateur. Dans un communiqué posté sur son compte Instagram, Drjbril Dramé expliquait les raisons de cette suppression. "La confiance que nous avons accordée au centre pénitentiaire de Fresnes ainsi qu'au ministère de la Justice a été rompue. En effet, nous avons appris qu'un des détenus participant à une épreuve possédait un casier judiciaire lourd. Nous avons pourtant stipulé à plusieurs reprises nos conditions, à savoir : aucune peine résultant d'une atteinte à l'intégrité physique et/ou morale d'une personne. Il s'agissait d'une condition sine qua none à la réalisation de la vidéo au sein de la prison de Fresnes", y insistait  "L'équipe de KohLantess".   

"A plusieurs reprises et à tous les niveaux administratifs et surtout tout au long de la réalisation du projet, il nous a toujours été confirmé que nos conditions sur le choix des détenus avaient été formellement respectées", poursuivait le texte. 

Dix ans de réclusion criminelle pour viol

"Ce casier lourd" auquel fait référence le communiqué a été dévoilé par L'Opinion lundi soir, puis confirmé par la suite à TF1info. Le participant en question est un homme âgé de 31 ans. Condamné en février 2021 à dix ans de réclusion criminelle pour viol par la cour d’assises du Val-de-Marne, il suivait au sein de la prison un parcours de réinsertion avec notamment des activités scolaires et universitaires.  Sur son casier figurent également des "violences avec arme", du "trafic de stupéfiants" et une évasion en 2018 alors qu'il était placé sous bracelet électronique. 

Ce mardi, Le Figaro révèle les détails de cette affaire de viol. "Les faits ont eu lieu dans une agence d'intérim de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), le 30 mai 2018. Cet homme originaire de Guadeloupe était alors sous bracelet électronique. Engagé dans un projet de réinsertion, le détenu était en contacts réguliers avec une jeune femme, devenue sa 'référente professionnelle', pour obtenir des missions d'intérim", rapporte le quotidien. "Ce jour-là, alors qu'elle travaillait seule, il l'a entraînée vers le fond de l'agence et l'a violée. Il a été identifié grâce aux déclarations de la victime et confondu par son ADN", détaille Le Figaro.

Un autre des participants aurait été condamné, lui aussi, à une lourde peine, selon BFM TV, qui indique qu'un deuxième joueur de "Kohlantess" avait été condamné pour "meurtre". "Il a, lui aussi, été sélectionné à la discrétion des autorités de la prison comme apte à participer au jeu. Une décision qui s'appuie probablement sur le fait que lui aussi est en réinsertion : il est auxiliaire coiffeur en formation", rapportent nos confrères. Cette deuxième condamnation n'a pas été confirmée à notre rédaction. 

Samedi dernier, Eric Dupond-Moretti avait annoncé avoir ordonné une enquête administrative sur ces faits. Ce mardi, lors d'une visite de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), il a par ailleurs affirmé que la course de karting organisée à la prison de Fresnes était une "initiative du directeur de la prison avec l'organisateur". "Si j'avais su qu'une compétition de karting était organisée, j'aurais mis un veto très clair (...) Jamais je n'ai été informé", a déclaré le ministre de la Justice devant la presse. "Je vais vous dire quelque chose de très simple : pour moi, la prison, c'est la sanction et la réinsertion. Dans ces images, il n'y a ni sanction ni réinsertion", a-t-il ajouté, "la prison, elle doit avoir un effet dissuasif". 

Le garde des Sceaux n'a en revanche fait aucun commentaire sur les condamnations des participants.


La rédaction de TF1info

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