Le procès de l'ancien journaliste sportif Pierre Ménès qui devait être jugé ce mercredi pour "agressions sexuelles"renvoyé

Aurélie Sarrot
Publié le 7 juin 2022 à 10h00
JT Perso

Source : TF1 Info

L'ex-chroniqueur vedette Pierre Ménès devait être jugé ce mercredi à Paris pour "agressions sexuelles" mais le procès a été renvoyé au 8 mars 2023.
Trois femmes l'accusent d'avoir eu des gestes déplacés à leur égard.
Le prévenu, âgé de 58 ans, conteste les faits.

Trois femmes l'accusent, mais lui a toujours contesté les faits. Ce mercredi matin à 9 heures, Pierre Ménès devait être jugé devant la 24e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "agressions sexuelles." L'ex-chroniqueur vedette du football est accusé d'avoir eu des gestes déplacés envers deux femmes en 2018 et en 2021 mais le procès a été renvoyé par le tribunal correctionnel de Paris au 8 mars 2023.

"Dans un dossier avec zone grise à charge et à décharge, c'est à l'avantage de votre client que ce ne soit pas un dossier bâclé", a fait valoir à la défense le président du tribunal, déplorant un problème d'audiencement qui ne laissait qu'une heure pour l'étude du dossier. 

Le journaliste sportif de 58 ans, "très malade" et hospitalisé "jusqu'en mai", "quasiment dans le coma", selon son avocat Me Arash Derambarsh, n'était pas présent au tribunal.  Aucune partie civile n'était présente ou représentée mercredi à l'audience.

"Attouchement de la poitrine jusqu'au ventre"

Les faits les plus récents remontent, selon la plaignante, au 20 novembre 2021 et auraient été commis au cours de la mi-temps pendant le match PSG-Nantes au Parc des Princes. Une hôtesse d'accueil accuse ainsi l'ancien consultant d'avoir commis une atteinte sexuelle avec "violence, contrainte, surprise et menace".  La jeune femme a déclaré à la police que Pierre Ménès aurait procédé à un "attouchement de la poitrine jusqu'au ventre". Placé en garde à vue le 9 décembre et remis en liberté le soir-même, il avait démenti ces accusations. Il devra toutefois en répondre, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Paris. 

Concernant cette agression, son avocat Me Arash Derambarsh avait affirmé en décembre dernier disposer de "six témoignages qui dédouanent Pierre Ménès".  Il n'y a dans ce dossier "ni plainte, ni preuve, ni victime, ni le début du commencement de la moindre photo, vidéo ou témoignage", fait valoir le conseil, parlant d'"aberration juridique".

L'ex-chroniqueur a d'ailleurs porté plainte pour dénonciation calomnieuse et a produit trois attestations de témoins "confirmant unanimement qu'(il avait) passé l'intégralité de son temps à leurs côtés dès son arrivée pour le cocktail en loge, durant le match et le cocktail d'après-match", détaille son avocat.

L'affaire dite "Nike"

Pierre Ménès devra également répondre des accusations dont il fait l'objet dans l'affaire dite "Nike". Deux autres femmes l'accusent en effet de les avoir agressées sexuellement le 18 juin 2018 dans le magasin Nike des Champs-Élysées où elles étaient employées. 

"Le 3 décembre 2018 concernant ces deux faits, au regard du manque de preuves et de l'inexistence d'éléments matériels et de l'impossibilité de prouver un lien de causalité direct et certain, le procureur de la République de Paris a classé sans suite la première plainte et convoqué M. Ménès en vue d'un simple rappel à la loi pour la seconde", indique l'avocat de l'ancien journaliste. 

Jupe soulevée et baiser forcé?

L'ex-chroniqueur vedette du "Canal Football Club" avait été mis sur la touche fin mars 2021,et avait quitté, le 1er juillet dernier, la chaîne cryptée, mettant fin à près de douze ans de collaboration. 

Ce départ avait suivi la diffusion sur Canal+ d'un documentaire sur le sexisme dans les rédactions sportives et la révélation de séquences l'incriminant, coupées au montage à la demande de la chaîne, soupçonnée de l'avoir protégé. Pierre Ménès est notamment accusé d'avoir soulevé, hors antenne en 2016, la jupe de la journaliste Marie Portolano, coréalisatrice du documentaire. La jeune femme, qui n'avait pas porté plainte à l'époque des faits, a été entendu en avril dernier par les policiers, dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Paris.

Pierre Ménès a assuré ne pas se souvenir de l'incident en raison de graves problèmes de santé à l'époque : une cirrhose non alcoolique qui l'a éloigné des plateaux pendant sept mois et a nécessité une double greffe du foie et d'un rein. Il est aussi critiqué pour avoir embrassé de force à la télévision la journaliste Isabelle Moreau en 2011, ainsi que la chroniqueuse Francesca Antoniotti en 2016.

Ces faits se sont déroulés avant le déclenchement de la vague #MeToo. Depuis, avait-il lancé dans l'émission de Cyril Hanouna sur C8, "on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire". Pierre Ménès avait cependant exprimé de "profonds regrets".

"Mon client est tout à fait serein"

En onze ans de collaboration avec Canal+, il dit avoir été convoqué une seule fois en 2018 pour y aller "mollo" sur ses "réflexions", et avoir écopé d'un avertissement l'an dernier pour une interview donnée, sans autorisation, sur YouTube.

En octobre, le chroniqueur a lancé une plateforme numérique dédiée au foot avec Reworld Media, le "Pierrot Football Club". "Mon client est tout à fait serein, concernant des faits qui ne sont pas du tout caractérisés, et nous démontrerons la calomnie qui a porté atteinte à l'honneur et à la considération de M. Ménès", indique ce lundi Me Arash Derambarsh à TF1info. 


Aurélie Sarrot

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