L'entreprise de location de véhicules Rent A Car condamnée pour discrimination envers un salarié noir

La rédaction de LCI (avec AFP)
Publié le 21 juin 2021 à 23h28
Image d'illustration.

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Source : ERIC CABANIS / AFP

RACISME - La société de location de véhicules utilitaires et particuliers a été condamnée à verser 15.000 euros de dommages et intérêts.

Une très mauvaise publicité pour l'image de marque d'une entreprise. Le groupe français de location de voitures Rent A Car a été condamné à verser 15.000 euros de dommages et intérêts en mai par les prud'hommes de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour harcèlement moral et discrimination envers un salarié noir, cible d'un "racisme primaire" selon le jugement, a appris l'AFP lundi.

Le salarié a dénoncé les agissements de son supérieur, qui l'avait affecté exclusivement au nettoyage des véhicules, en faisant un parallèle avec sa couleur de peau.

"Racisme primaire"

Dans un témoignage écrit, une collègue du salarié en question a corroboré les propos d'un manager qui qualifiait la victime de "négro" et refusait sa présence au comptoir "car il est pas intelligent et le noir se met derrière pour laver le véhicule". Celui-ci a été embauché en tant qu'agent de comptoir polyvalent, en 2011, dans une agence Rent A Car de la région parisienne.

À l'audience, la société a réfuté les faits reprochés, sans contester les propos du supérieur. L'entreprise a toutefois estimé que les propos n'avaient pas de connotation raciste mais résultaient du "parler ghetto" au sein de l'agence. Le conseil de prud'hommes a lui souligné que "les propos avérés, tenus par son supérieur, qui consistent à lier cette affectation à la couleur de peau et à l'absence d'intelligence supposée" du salarié "sont plus que déplacés, mais le signe d'un racisme primaire".

"Le plus surprenant restera [...] que de tels propos restent et demeurent assumés chez Rent A Car, l'auteur des propos racistes étant toujours soutenu par sa direction", a réagi auprès de l'AFP l'avocat du salarié Grégory Saint-Michel. Contactée, l'entreprise Rent A Ca" a déclaré "prendre acte" de la décision. La société, qui emploie 850 salariés à travers ses centaines d'agences, précise n'avoir "eu à déplorer aucun fait de ce genre depuis sa création" en 1977.


La rédaction de LCI (avec AFP)

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