Placée en détention provisoire, la magistrate Hélène Gerhards a demandé sa remise en liberté ce mardi 16 avril.
La juge d'instruction, soupçonnée de liens avec le banditisme corse, a été mise en examen pour 11 chefs d'inculpation.

Devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, Hélène Gerhards a demandé sa remise en liberté ce mardi 16 avril, se défendant d'avoir "pactisé avec le grand banditisme". C'était la première fois que cette magistrate d'Agen s'exprimait depuis qu'elle a été mise en examen pour 11 chefs d'inculpation, et notamment pour détournement de fonds publics et faux en écriture publique par un dépositaire de l'autorité publique. Cette dernière a clamé son innocence, alors que la décision a été mise en délibéré à mercredi.

Une villa au cœur des soupçons

Dans la foulée, Hélène Gerhards avait été écrouée le 5 avril. "L'incarcération d'un magistrat, fait rarissime, justifie que la justice ne se trompe pas", a averti l'un de ses avocats, Yann Le Bras, décrivant une "magistrate intègre, passionnée et qui a mené ses affaires avec pugnacité". Sa détention provisoire a été justifiée par l'avocat général pour "éviter tout risque majeur de concertation frauduleuse" entre les parties.

Au cœur de l'enquête, les liens supposés entre celle qui fut magistrate en Corse entre 2010 et 2016 et plusieurs figures proches du banditisme corse, dont Johann Carta condamné à de multiples reprises. Mais aussi, et surtout, les travaux et la location d'une villa lui appartenant à Pietrosella (Corse-du-Sud). Achetée 600.000 euros en 2011, la demeure valait plus de 2 millions en 2022 lors de sa mise en vente. "Comment cette villa peut-elle arriver à une telle valorisation" et "avec seulement 15.000 euros de factures retrouvées", s'est interrogé l'avocat général.

Les enquêteurs, qui investiguent sur l'affaire depuis octobre 2020, soupçonnent la magistrate d'avoir en échange "rendu des services", notamment des informations sur des procédures judiciaires en cours et des conseils juridiques. Les avocats de la défense axent avant tout le dossier sur l'époux d'Hélène Gerhards qui l'aurait "abusé" et "manipulé".


C.Q avec l'AFP

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