La maire de Rennes dénonce les "méthodes d'intimidation" de policiers à son égard

La rédaction de LCI
Publié le 18 décembre 2020 à 17h36
Nathalie Appéré.

Nathalie Appéré.

Source : AFP

COLÈRE - Dans un courrier rendu public ce vendredi, la maire de Rennes, Nathalie Appéré, fustige les "méthodes d'intimidation" de la police, venue manifester en bas de chez elle dans la nuit de jeudi à vendredi. Ils réclamaient entre autres, des cartes de transport gratuites.

La maire de Rennes, Nathalie Appéré, n'a pas l'intention de se laisser impressionner. Dans une lettre adressée au syndicat Alliance Police Nationale, elle dénonce ce vendredi des "méthodes d'intimidation" après une action de policiers venus demander dans la nuit devant son domicile une amélioration de leurs conditions de travail. "La nuit dernière, un groupe de policiers en uniforme, se réclamant de votre organisation syndicale est venu 'manifester' sous les fenêtres de mon domicile familial, au volant de véhicules de service toutes sirènes hurlantes", écrit-elle. "Ces méthodes d'intimidation ne sont pas admissibles dans une démocratie" et ne sont "pas dignes" du statut de garant de la sécurité des citoyens attribué aux gardiens de la paix, ajoute l'élue.

Des cartes de transports au cœur de la discorde

Selon le journal Ouest-France, une trentaine de fonctionnaire ont manifesté jeudi vers 23h dans le quartier sud-gare de la capitale bretonne, sous les fenêtres du domicile de la maire de Rennes, puis quai de la Prévalaye et devant la préfecture. Une opération, bruyante, qui n'a pas manqué d'agacer les riverains, dont certains ont filmé la scène. 

D'après la maire de Rennes, ceux-ci venaient renouveler les revendications déjà exprimées dans la presse, à savoir, entre autres, l'accès à des abonnements de transports gratuits pour usage personnel. Se disant "très surprise" de cette réclamation, l'édile de Rennes a rappelé que l'exploitant du réseau Kéolis Rennes met déjà 60 cartes de transports à disposition du commissariat. "Les besoins opérationnels de la police ont été définis par la Direction départementale de la sécurité publique. Il est entendu que, si cette dotation s'avérait insuffisante pour permettre à la police nationale d'exercer ces missions, le nombre de cartes mises à disposition serait évidemment revu. Mais nous n'avons aucune demande en ce sens", fait-elle savoir.

 

Dans son courrier, Nathalie Appéré rappelle d'autre part "une règle simple" pour "mener à bien une action syndicale" : "Les revendications visant à améliorer les conditions de travail (...) doivent s'exprimer en direction de l'employeur. Le vôtre est le ministère de l'Intérieur".

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"Dans le contexte anxiogène de cette année 2020, et alors même que la relation entre la population et sa police est malmenée, votre mode d'action ne manquera pas d'interpeller", estime l'élue qui assure ne pas avoir "pour habitude de (se) laisser intimider" et souligne qu'il est "parfaitement inutile de renouveler ce genre d'opération".

Après la publication de cette lettre sur Twitter, Nathalie Appéré a reçu de nombreux soutiens, à commencer par celui l’ancien président de Rennes Métropole, Emmanuel Couet, qui juge cette opération "lamentable".

Cités par Ouest-France, les élus France insoumise à Rennes métropole estiment de leur côté que "si les conditions de travail sont de toute évidence de plus en plus difficiles dans la police, rien ne justifie de tels agissements", qui, espèrent-ils "ne resteront pas sans conséquence".

Contacté ce vendredi par l'AFP, le secrétaire départemental d'Alliance, Frédéric Gallet, a déclaré ne pas être au courant de cette action. "Alliance n'a rien à voir avec ce qu'il s'est passé. Je n'étais pas présent. Mme Appéré se trompe de cible", a-t-il dit.


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