L'incendie de la cathédrale de Nantes

Le grand orgue de la cathédrale de Nantes, ravagé par les flammes, avait survécu à 4 siècles de péripéties

S.L
Publié le 18 juillet 2020 à 12h48, mis à jour le 18 juillet 2020 à 17h28
JT Perso

Source : Sujet JT LCI

JOYAU - Le grand orgue de la cathédrale de Nantes, ravagé par les flammes samedi, dominait la nef de l'édifice depuis quatre siècles et avait échappé à plusieurs périples. Retour sur l'histoire de ce monument exceptionnel.

D'après les premiers éléments, l'orgue de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul semble avoir été entièrement détruit dans le sinistre qui s'est déclenché samedi matin et qui a été rapidement circonscrit par les pompiers. La plateforme sur laquelle il se situe, érigée en 1620 et à laquelle mène un escalier de 66 marches, est "très instable et menace de s'effondrer", selon les pompiers. "C'était un très beau monument", "un orgue baroque du 17e siècle, très ancien", souligne Paul Chopelin, maître de conférence en histoire moderne à Lyon et membre du CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques).

A la Révolution, l'orgue a failli finir à la fonte

A son origine en 1621, l'instrument du "facteur" Girardet était doté de 27 jeux. Au cours des siècles, l'orgue a fait l'objet de cinq restaurations, portant leur nombre à 74, soit 5.500 tuyaux. En 1784, lors d'une première grande restauration-extension, François-Henri Cliquot a porté l'instrument à 49 jeux répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier, lui donnant son esthétique classique. "Sous la Révolution, quand la cathédrale est devenue nationale, les autorités pensaient tout simplement le détruire et envoyer les tuyaux à la fonte. C'est l'organiste qui l'a sauvé en disant que ça pouvait servir pour les cérémonies révolutionnaires", raconte M. Chopelin. 

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Au XXe siècle, une nouvelle grande restauration-extension, oeuvre du facteur Joseph Beuchet, a apporté à l'instrument une modernité tant technique (transmission électrique, combinaisons ajustables) qu'esthétique (jeux de fonds, mixtures). Cette dernière restauration a été marquée par de nombreux contre-temps. L'orgue, démonté en 1956, n'a été inauguré qu'en novembre 1971. Le nombre de jeux a été alors porté à 74, contre 89 dans le projet initial. 

Mais deux mois plus tard, le 28 janvier 1972, la cathédrale est ravagée par un incendie. "Seuls le courage et l'abnégation des compagnons de la Manufacture Beuchet-Debierre, rappelés de nuit, Joseph Beuchet fils à leur tête, et de l'abbé Félix Moreau, lui aussi présent, agissant en concertation avec les pompiers, permirent de sauver le grand orgue", précise le site de la cathédrale. Depuis 1627, 34 organistes se sont succédé à ses claviers. Une restauration de l’orgue était d’ailleurs prévue, pour un montant de 1,7 million d’euros, a rappelé Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, sur LCI samedi. 


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