Le "violeur de Tinder" mis en examen et placé en détention provisoire après de nouvelles plaintes

par M.L
Publié le 18 juillet 2023 à 9h43

Source : JT 20h Semaine

Déjà accusé de 17 viols, un utilisateur des applications de rencontre a été visé par de nouvelles plaintes pour viol et viols avec administration d'une substance à la victime, selon plusieurs médias.
Salim B. a été mis en examen et placé en détention provisoire.
Déjà condamné par le passé, il avait pourtant continué à créer de nombreux profils sur ces applications pour entrer en contact avec des femmes.

Les accusations n'en finissent plus de se succéder. Déjà soupçonné de 17 viols, des incriminations qui lui ont valu le surnom de "violeur de Tinder", Salim B. est à nouveau visé par plusieurs plaintes et renvoyé devant une cour criminelle. Cet utilisateur récurrent d'applications de rencontre a été mis en examen pour viol et viols avec administration d'une substance à la victime à son insu, pour altérer son discernement ou le contrôle de ses actes, selon des informations de BFMTV et du Figaro. Ces nouvelles plaintes renvoient à des faits qui auraient été commis sur plusieurs années, en 2013, 2021, 2022 et 2023. 

L'homme, qui cumule à ce jour au moins 21 accusations contre lui au total, avait déjà été confronté à la justice par le passé mais avait recommencé à créer des profils sous différentes identités sur les applications de rencontre, dont Tinder. Après des investigations à la suite de récentes plaintes, celui qui se présentait fréquemment comme un photographe professionnel, selon les plaignantes, a été placé en garde à vue. L'homme de 38 ans a été ensuite présenté à un juge d'instruction et mis en examen dans le cadre d'une nouvelle information judiciaire, qui avait été ouverte le 13 juillet dernier, puis placé en détention provisoire, selon les deux médias. La date de son procès n'a pas encore été fixée. 

Selon le récit des plaignantes, Salim B. se créait de nombreux profils sur les applications de rencontre Tinder, Bumble, Feeld ou encore Fruitz, et leur proposait un rendez-vous ou un shooting gratuit, qui s'avéraient en fait être un guet-apens dans le but de les violer ou de les agresser sexuellement. Certaines estiment aussi avoir été droguées par le violeur présumé. Selon Le Monde, trois femmes ont accusé le trentenaire de viol ou d'agression sexuelle au cours des derniers mois. 

Des nouveaux profils créés sans relâche

Par le passé, l'homme avait déjà été soupçonné de 16 viols et d'une agression sexuelle, commis entre 2014 et 2016, la première plainte remontant à 2015, rappelle le journal. Il avait passé plus de deux ans en détention provisoire et avait été placé en 2019 en liberté sous contrôle judiciaire. Selon le quotidien, il n'a jamais cessé depuis d'écumer des applications de rencontre, en veillant toujours à masquer son visage, en dépit de la médiatisation des accusations portées contre lui. Mais aussi du travail des collectifs féministes qui traquaient ses profils aux différentes identités pour les faire supprimer par les plateformes : Samuel, Abel, Sam, Amir, Sol, Sacha, Darcy, liste Le Monde. Il s'était aussi récemment installé à Marseille, rapporte La Provence

L'ordonnance de mise en accusation des 17 premières plaintes décrivait le trentenaire comme un prédateur et avait identifié une "forme d’industrialisation" dans le même schéma systématique qu'il déployait pour commettre viols et agressions, souligne aussi Le Monde. L'enquête a notamment révélé qu'il tenait à jour un tableau Excel recensant des phrases types pour séduire des jeunes femmes et les convaincre d'accepter une séance de photo. Au cours de ce rendez-vous, il leur proposait des verres d'alcool, qui auraient en réalité contenu des substances, avant de se montrer violent, de les violer ou les agresser sexuellement. 

Les analyses toxicologiques pratiquées sur les victimes présumées ont montré la présence de substances médicamenteuses, dont des antihistaminiques, ou de drogues, comme la MDMA, souligne le journal. Interrogé en avril 2022 par le quotidien, Salim B. affirmait pourtant être "convaincu" de n'avoir "pas fait de mal", reconnaissant seulement souffrir d’une forme de compulsion sexuelle qui l'aurait poussé à chercher à tout prix à séduire des femmes. 

Quant aux applications de rencontre, notamment Tinder, elles ont été pointées du doigt ces dernières semaines, après avoir permis à Salim B. de se récréer différents profils malgré les accusations portées contre lui et les signalements des utilisateurs. "Quand les faits sont répétés à ce point-là, la plateforme a un devoir vis-à-vis du client", a notamment estimé auprès de BFMTV Me Philippe-Henry Honegger, l'avocat de l'une des plaignantes. "Nous travaillons continuellement à l'amélioration de nos systèmes afin d'empêcher des individus aux comportements inappropriés d'accéder à notre plateforme", s'est défendu Tinder auprès du site, assurant "qu'à chaque signalement, cet utilisateur a été banni de la plateforme".


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