Levothyrox : le laboratoire Merck mis en examen pour "tromperie aggravée"

M.G avec AFP
Publié le 19 octobre 2022 à 8h39
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

La filiale française du laboratoire pharmaceutique allemand Merck a annoncé mercredi sa propre mise en examen.
L'entreprise est poursuivie pour "tromperie aggravée" dans le dossier du changement de formule du médicament Levothyrox.

Du nouveau dans le scandale sanitaire du Levothyrox. Dans un communiqué publié ce mardi, la filiale française de Merck a annoncé avoir été mise en examen dans le volet pénal de cette affaire remontant à 2017. 

"Le président de Merck en France a été entendu" au pôle santé du tribunal judiciaire de Marseille, explique le laboratoire pharmaceutique allemand. À l'issue de cette audition, "la juge d'instruction a décidé de mettre la société Merck en examen pour tromperie aggravée", ajoute-t-il. Cette procédure judiciaire est liée aux "modalités d'information mises en place au moment de la transition de l'ancienne à la nouvelle formule en 2017", pour ce médicament prescrit contre l'hypothyroïdie, précise l'entreprise. 

Des effets secondaires chez plusieurs milliers de personnes

La nouvelle composition du médicament, modifiant certains de ses excipients afin d'apporter davantage de stabilité au produit, a été incriminée, entre mars 2017 et avril 2018. À cette époque, quelque 31.000 patients souffrant notamment de maux de tête, insomnies, ou de vertiges avaient dénoncé le comportement de la firme. Dans la foulée, une enquête pénale pour tromperie aggravée, homicide et blessures involontaires avait été ouverte. 

"Cette mise en examen ne concerne en aucun cas la qualité de la nouvelle formule du Levothyrox", a tenté de rassurer le laboratoire. La firme affirme vouloir "apporter toute précision nécessaire afin de faire établir qu'aucune infraction pénale, de quelque nature que ce soit, n'a été commise"

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Dans le volet civil du dossier, la Cour de cassation avait rejeté en mars dernier le pourvoi du groupe, condamné en 2020 à indemniser plus de 3300 utilisateurs ayant souffert d'effets secondaires à la suite du changement de formule. "Lorsque la composition d'un médicament change et que cette évolution de formule n'est pas signalée explicitement dans la notice, le fabricant et l'exploitant peuvent se voir reprocher un défaut d'information", pouvant "causer un préjudice moral", avait estimé la plus haute juridiction française dans son arrêt. 


M.G avec AFP

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