Lisa, 3 ans, battue à mort : deux directeurs d'école mis en examen pour non-dénonciation de mauvais traitements

par A.S
Publié le 15 janvier 2024 à 13h51

Source : TF1 Info

Quatre mois après la mort de Lisa, 3 ans, à Conches-en-Ouches dans l'Eure, deux directeurs d'école ont été mis en examen pour non-dénonciation de mauvais traitements.
La mère et le beau-père de la petite fille avaient été mis en examen pour meurtre sur mineur et incarcérés juste après les faits.

Deux directeurs d'école ont été mis en examen pour non-dénonciation de mauvais traitements dans le cadre de l'enquête sur la mort de Lisa, fillette de 3 ans, à Conches-en-Ouches (Eure) en septembre dernier, a indiqué le parquet d'Évreux ce lundi. Cette mise en examen vise "la directrice de l'école maternelle où était scolarisée la petite fille ainsi que le directeur de l'école primaire où était scolarisé son grand frère (âgé de six ans), lui aussi victime de maltraitance", a précisé à l'AFP le procureur de la République, Rémi Coutin. 

Les deux mis en cause avaient été placés en garde à vue le 7 décembre avant d'être mis en examen et placés sous contrôle judiciaire "avec interdiction d'entrer en contact avec les autres mis en examen dans ce dossier". "La directrice d'école a reconnu en garde à vue qu'elle s'était dit qu'il fallait faire un signalement, mais qu'elle ne l'a pas fait, notamment parce qu'elle n'en avait pas le temps. Le directeur, lui, conteste sa responsabilité", a ajouté le magistrat. Ils encourent chacun une peine de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. 

Sollicité par l'AFP, le rectorat de Normandie confirme "que les deux fonctionnaires sont suspendus. Une enquête administrative sera diligentée par le rectorat lorsque l'enquête judiciaire sera suffisamment avancée".

L'enfant était décédée aux urgences où elle avait été admise

Le beau-père et la mère de la fillette avaient été mis en examen et placés en détention provisoire fin septembre suite au décès de l'enfant au CHU de Rouen, après l'intervention des secours au domicile familial. Elle portait de multiples hématomes d'âges différents sur "le visage, les quatre membres, le thorax, le dos, le pubis", avait précisé le procureur de la République d'Évreux juste après les faits et elle "n'aurait pas été scolarisée la semaine précédent le drame".

"Ni la gendarmerie, ni la justice, ni les services de l'aide sociale à l'enfance n'avaient été informés" des "violences difficilement soutenables" subies par la petite fille, avait ajouté M. Coutin. Le beau-père et la mère étaient connus de la justice.

La directrice de l'école maternelle, où la fillette était scolarisée en moyenne section, avait été suspendue à titre conservatoire. Le Syndicat des directrices et directeurs d'école (S2dé) avait dénoncé cette suspension.

"Nous avons tous une part de responsabilité"

"Les bourreaux ne sont pas dans nos écoles", avait déclaré le maire, Jérôme Pasco à l'occasion d'une marche blanche en hommage à l'enfant. "Nous avons tous et toutes une part de responsabilité", avait-il insisté. "Comment se fait-il que dans cette ville, on soit capable de m'appeler quand le chien du voisin gueule trop fort et que je n'ai jamais été averti de ce qui se passait là-bas ?", s'était encore ému l'élu à l'époque avant une minute de silence.

"Il faut faire attention à la chasse aux sorcières, aux boucs émissaires", avait renchéri Alexandre Rassaërt, président du Département de l'Eure, en marge de la cérémonie. 


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