Loire : pour "venger" son fils harcelé, une femme tabasse un enfant de 11 ans

Publié le 3 octobre 2023 à 14h12

Source : Sujet TF1 Info

Vendredi dernier, à Saint-Germain-Lespinasse (Loire), une mère de famille a frappé à plusieurs reprises deux préadolescents près de l'arrêt d'un bus.
L'un d'eux avait été désigné par son fils comme étant l'un de ses "harceleurs".
Interpellée et placée en garde à vue, la trentenaire devrait être convoquée prochainement au tribunal.

C'est une scène surréaliste qui s'est déroulée vendredi dernier à Saint-Germain-Lespinasse, commune de 1123 habitants située au nord-ouest de Roanne (Loire). En milieu de matinée, une mère de famille s'est rendue à un arrêt de bus près du collège de La Pacaudière pour y trouver le "harceleur" de son fils. Son jeune garçon, âgé de 11 ans et scolarisé en 5e, lui avait fait part récemment de "brimades" et de "violences" qu'il aurait subies de la part d'un élève en particulier et de ses camarades dans l'enceinte de l'établissement.  

"Une fois à l'arrêt du bus où se trouvent trois collégiens, le fils de cette dame va pointer du doigt celui qu'il désigne comme étant son agresseur-harceleur. La maman s'approche de l'enfant en question et lui lance quelque chose comme 'C'est toi qui tape mon fils' avant de lui porter une claque au niveau du visage. L'enfant ne comprend pas, se met à pleurer. La mère de famille l'attrape, le secoue fortement et le projette au sol. Selon les témoins et la victime, elle lui aurait alors porté une dizaine de coups de pieds", détaille ce lundi à TF1info le procureur de la République de Roanne, Abdelkrim Grini.

Un deuxième collégien violenté

Apeurés par cette dame en furie, les camarades du collégien au sol trouvent refuge sur une structure métallique dans un parc de jeux pour enfant. L'un d'eux, âgé de 12 ans, saisit son téléphone pour appeler son père et l'alerter de ce qu'il se passe. "À ce moment, la dame s'approche de lui, lui demande ce qu'il fait avec son téléphone portable, l'agrippe par le pied avant de commettre des violences au niveau du pied de cet enfant tandis que ce dernier se met à pleurer et à hurler", poursuit le procureur. 

Une femme, témoin de la scène, demande à la maman d'arrêter de s'en prendre aux enfants. "Ce témoin a été copieusement insulté par la maman", précise le magistrat. La mère et son fils quittent les lieux, tandis que les gendarmes sont alertés des faits.

La mère de famille interpellée

La mère de famille, âgée de 36 ans et inconnue des services de police et de la justice, est finalement interpellée peu après les faits par les gendarmes et placée en garde à vue du chef de "violences aggravées", du fait qu'elles ont été commises sur des mineurs de moins de 15 ans et avec préméditation. Les parents des deux enfants violentés portent plainte. 

Face aux enquêteurs, la maman a reconnu les faits indiquant qu'elle était dans un état de colère et d'excitation, que rien n'était prémédité. Elle admet les coups et les insultes comme "Petit enculé", "petite tapette", "Espèce de pleurnicheuse"... Elle explique avoir été dépassée par ses émotions, qu'elle n'est pas parvenue à se contrôler et que si c'était à refaire, elle ne le referait pas.

Remise en liberté à l'issue de sa garde à vue, la trentenaire devrait être convoquée prochainement par la justice. Pour ces violences aggravées, elle encourt, selon les ITT qui seront attribuées par les médecins qui verront les deux jeunes victimes jeudi, une peine pouvant aller de 5 à 7 ans d'emprisonnement. Elle encourt également une peine d'amende pouvant aller jusqu'à 75.000 euros.

Aucun signalement concernant son propre fils

Concernant le harcèlement éventuel du fils de la mise en cause, les seuls éléments dont dispose la justice sont les déclarations du fils de celle-ci. "Le jeune élève déclare qu'un élève en particulier, soutenu par des camarades, l'aurait tapé, insulté dans l'enceinte du collège. Il dit qu'il avait peur d'aller en cours. Mais la maman n'a jamais saisi la direction de l'établissement, la gendarmerie ou toute autre autorité de ces faits. Personne n'a été informée" ajoute le procureur. 

Quand a été posée la question à sa maman de savoir pourquoi elle n'avait pas fait de signalement ou porter plainte, celle-ci a répondu qu'elle voulait "juste parler aux enfants". Au lieu de ça, elle les a frappés. "Je ne peux pas accepter que l'on se fasse justice soi-même. Quand bien même les enfants auraient harcelé et/ou frappé son fils, je considère qu'on n'a pas à se comporter de la sorte et encore moins à commettre des violences sur des enfants de 11 et 12 ans", commente le procureur qui nous informe que des investigations sont en cours pour savoir si l'enfant de la mise en cause a oui, ou non, été harcelé par des élèves.


Aurélie SARROT

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