Les maltraitances d'enfants découvertes au domicile d'un couple dans ce village avaient causé un vaste émoi, bien au-delà du Pas-de-Calais.
Jugés par le tribunal correctionnel de Béthune pour des maltraitances ou négligences sur six de leurs dix enfants, les parents ont été condamnés à deux ans de sursis probatoire.

Lorsque les images de leurs jeunes fillettes de 2 et 4 ans, attachées sur des chaises hautes, avaient été diffusées, l'indignation avait été grande. Cette maison de Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais) s'était alors vue surnommée "la maison de l'horreur", un qualificatif jugé alors "exagéré" par le procureur de Béthune. 

Bryan, un des enfants de cette fratrie, nous avait raconté "les coups de bâtons, des coups de chaussures de sécurité, des coups de fouet". "On leur servait de salaire", témoignait le jeune homme de 21 ans qui avait fini par porter plainte. 

Ce jeudi 9 février, ses parents - âgé de  44 ans pour le père et de 40 ans pour la mère - ont été condamnés à deux ans d'emprisonnement, avec sursis probatoire de deux ans, par le tribunal correctionnel de Béthune pour des maltraitances ou négligences sur six de leurs enfants. Le tribunal a aussi ordonné à l'encontre du couple des obligations particulières de travail, des soins psychologiques et l'indemnisation des victimes. 

C'est un jugement d'apaisement et équilibré
Me Françoise Bertrand, avocate de plusieurs des enfants

En revanche, il a relaxé les parents concernant deux des enfants - l'aînée des filles, 20 ans, et la petite dernière de moins d'un an - et n'a retenu que les négligences parentales sur une adolescente de 14 ans. Au total, la fratrie compte dix enfants. Le tribunal a également décidé de ne pas retirer au couple l'autorité parentale, ni de maintenir l'interdiction de contact avec les enfants.

"C'est un jugement d'apaisement et équilibré", a estimé Me Françoise Bertrand, l'avocate d'une partie des enfants. "Il préserve non seulement les intérêts des enfants mais ne ferme pas non plus la porte aux parents." Le parquet avait requis deux ans de prison avec sursis probatoire de deux ans dans cette affaire qui avait fait grand bruit lors de sa révélation, en septembre.

Dans ses réquisitions, la procureure a estimé que les parents n'étaient pas "des sadiques", mais que l'affaire relevait d'une "violence quotidienne et banalisée".


E.B avec AFP

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