Stéphane Ravier a été condamné à six mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité.
Le sénateur Reconquête! des Bouches-du-Rhône était poursuivi pour avoir fait embaucher son fils Thomas au service des espaces verts du 7ᵉ secteur de Marseille, où il avait été élu maire.
Son avocat a annoncé faire appel de la décision.

Stéphane Ravier condamné par la justice. Le sénateur Reconquête! des Bouches-du-Rhône a écopé de six mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, sans exécution provisoire, mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille. En cause : une prise illégale d'intérêts. 

Son fils, Thomas Ravier, qu'il avait fait embaucher par la ville quand il était maire du 7e secteur, a quant à lui été condamné à 10.000 euros d'amende, dont 5000 euros avec sursis, ainsi qu'à un an d'inéligibilité, là encore sans exécution provisoire.

Absent au délibéré mercredi matin, l'élu a fait savoir via son avocat qu'il faisait appel de cette décision. Cette inéligibilité, même si elle était confirmée en appel, n'empêcherait pas l'élu du parti d'Éric Zemmour de se présenter aux élections municipales à Marseille en 2026, comme il l'avait fait lors des municipales 2014 et 2020.

"Il n'y aura plus d'intervention de ma part"

Stéphane Ravier avait été jugé en compagnie de son fils Thomas, embauché en 2015 au service Espaces verts de la mairie du 7e secteur de Marseille. Élu maire de ce secteur qui couvre les 13e et 14e arrondissements lors des municipales 2014, sous l'étiquette Front national (devenu ensuite Rassemblement national), il avait cédé son fauteuil à sa nièce en 2017, pour cause de cumul des mandats, après son élection au palais du Luxembourg. 

Thomas Ravier avait été titularisé à son poste en janvier 2020, six mois avant les élections municipales qui ont fait basculer la mairie de Marseille à gauche, après quatre mandatures de Jean-Claude Gaudin, figure de la droite marseillaise, décédé lundi dernier à l'âge de 84 ans.

À l'audience, Stéphane Ravier avait réfuté toutes les accusations, assurant que "les mairies de secteur n'ont pas le pouvoir d'embaucher qui que ce soit". Et de préciser : "Je lui (à son fils) fais savoir qu'il y a des recrutements réguliers à la mairie de Marseille, ça s'arrête là, il n'y aura plus d'intervention de ma part." Thomas Ravier avait de son côté expliqué être au chômage depuis "deux, trois ans", soulignant que la mairie "était la seule porte qui [lui] restait" et d'avoir "tenté [sa] chance".

Multiples comparutions

Stéphane Ravier a multiplié les comparutions devant la justice ces derniers mois : en février, il a été condamné à 3000 euros d'amende à Marseille pour diffamation à l'encontre de l'ONG de secours en mer SOS Méditerranée, condamnation dont il a fait appel. En décembre, à Lyon, il a également écopé d'une amende de 10.000 euros pour injure publique à l'encontre d'un avocat dans un message sur X commentant un verdict de la cour d'assises du Rhône. 

Le 18 juin, la cour d'appel d'Aix-en-Provence devra en outre se prononcer sur un dossier de diffamation à caractère racial dans lequel le parquet avait fait appel de la relaxe du sénateur, poursuivi là-encore après un post sur le réseau social X.


Thomas GUIEN

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