Marseille : il refuse que les médecins débranchent sa fille

La rédaction de LCI
Publié le 15 novembre 2016 à 13h34, mis à jour le 15 novembre 2016 à 14h49
Marseille : il refuse que les médecins débranchent sa fille

Source : AFP

JUSTICE - À Marseille, un père de famille a saisi la justice, ce lundi. Objectif ? Empêcher les médecins de débrancher l'appareil respiratoire qui maintient en vie sa fille, placée en coma artificiel.

"Un docteur m'a dit qu'ils lui laisseraient passer son premier anniversaire le 10 novembre et qu'elle serait ensuite débranchée pour libérer la place, c'est inacceptable", explique Mohamed Bouchenafa, interrogé par le Parisien. Ce père d'une enfant hospitalisée après un virus foudroyant et plongée dans un coma artificiel à l'hôpital marseillais de la Timone refuse que l'appareil respiratoire qui la maintient en vie soit débranché. Cette décision a été proposée à l'unanimité lors d'une réunion éthique à l'hôpital le 4 novembre.

Lundi 14 novembre, Mohamed Bouchenafa a décidé de saisir en référé-liberté le tribunal administratif de Marseille. La famille a également lancé une pétition sur internet, qui a reccueilli près de 3000 signatures selon le quotidien.

Le chauffeur de VTC de 33 ans garde ainsi "espoir" que sa fille se réveille du coma artificiel dans lequel elle est plongée. Marwa a été hospitalisée le 25 septembre dernier, après avoir été atteinte par un virus foudroyant qui a causé de sévères troubles neurologiques et la défaillance de plusieurs organes vitaux, dont le coeur. "Quand Marwa a été hospitalisée, on nous a dit qu'il faudrait être patient pour voir des améliorations, dénonce l'oncle de Mohammed Bouchenafa, cité par le Parisien. Et maintenant on veut la débrancher à peine un mois et demi après". 

De l'acharnement thérapeutique ?

Pour le personnel soignant, l'état de conscience de l'enfant n'est pas prouvé, et la maintenir dans cet état serait à terme de "l'acharnement thérapeutique". "Cette patiente ne pourra pas garder longtemps son appareil respiratoire, explique Me Christel Schwing, avocate de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), contactée par Le Parisien, à terme, il faudra une trachéotomie. C'est une opération lourde, avec un taux de mortalité de 20 % et des complications qui peuvent être très sévères."

Les parents voient leur enfant bouger, mais cela ne signifie pas qu'il y ait un état de conscience, ni qu'il n'y ait pas de dommages neurologiques irréversibles.

Christel Schwing, avocate de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) au Parisien

 "Son cœur bat de nouveau, elle s'est remise à bouger alors qu'elle était totalement inerte et elle réagit au son de ma voix. On sait qu'elle aura peut-être des séquelles, mais il faut lui donner du temps", relate Mohamed Bouchenafa. Délai que l'hôpital ne lui accorderait pas, estime le père de famille. Pour Me Thomas Callen,  avocat de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), contrairement à ce que ce dernier affirme, aucune décision n'a été prise : "l'équipe médicale se tient à disposition pour maintenir le dialogue avec la famille."  

Selon la loi Claeys-Leonetti, entrée en vigueur en août 2016, si le médecin en charge du patient, peut décider d'arrêter les traitements, après concertation avec l'équipe de soins et l'avis d'un confrère, dans le cas des mineurs, l'avis des parents est indispensable.

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