Quatre policiers de la brigade anti-criminalité de Marseille ont été mis en examen jeudi dans une enquête ouverte pour violences en réunion.
Trois d'entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire, le quatrième en détention provisoire.
Cela faisait suite des blessures constatées après un tir de flashball, notamment sur un homme de 21 ans, qui avaient conduit à son hospitalisation dans la nuit du 1er au 2 juillet.

Ils étaient une centaine jeudi matin devant la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône à Marseille, où se trouve l’IGPN, pour soutenir leurs collègues, avant de les suivre jusqu'au palais de justice. Quatre policiers de la Brigade anti-criminalité marseillaise ont été "présentés au juge d’instruction aux fins de mise en examen", a indiqué le parquet de Marseille dans un communiqué à l'issue de leur garde à vue, qui avait débuté il y a 48 heures. 

Ce vendredi, le parquet a précisé que trois des policiers déférés ont été placés sous contrôle judiciaire, tandis que le quatrième a été placé en détention provisoire.  Ils ont été mis en examen du chef de "violences volontaires ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours, aggravées par trois circonstances en ce qu'elles ont été commises en réunion, avec usage ou menace d'une arme et par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions". 

Mardi dernier, sept fonctionnaires au total avaient été placés sous cette mesure dans le cadre de l'information judiciaire ouverte le 5 juillet dernier à la suite des blessures constatées sur un homme de 21 ans prénommé Hedi, qui avaient conduit à son hospitalisation dans la nuit du 1er au 2 juillet. Le jeune homme s'était retrouvé dans le coma après avoir été frappé et avoir reçu un tir de flashball

"Des réquisitions de détention provisoire sont prises à l’encontre des policiers", précise le parquet. 

"Laissé pour mort"

La victime, qui a été "laissée pour morte", selon ses proches, le 2 juillet, cinq jours après la mort de Nahel, après avoir été traînée dans une ruelle, avait identifié les auteurs de son agression comme des policiers de la brigade anti-criminalité. L'information judiciaire avait été ouverte par le parquet pour violences en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours.

Le 4 juillet, le parquet de Marseille avait annoncé l'ouverture d'une autre enquête, confiée à ces deux mêmes services, sur la mort d'un jeune homme de 27 ans, probablement après un "choc violent au niveau du thorax" causé par un projectile de "type flash-ball" dans le centre-ville de la cité phocéenne, au cours de la même nuit du 1er au 2 juillet.

Mohamed Bendriss, marié, père d'un enfant et dont la veuve attend un deuxième enfant, avait perdu la vie après avoir fait un malaise alors qu'il circulait à scooter. La ville était alors secouée par de violentes émeutes dans le sillage de la mort de Nahel à Nanterre, tué par un policier lors d'un contrôle routier, et un dispositif policier fortement renforcé avait été déployé. C'est lors de son autopsie qu'avait été repérée sur sa poitrine la trace de ce qui pourrait être l'impact d'un tir de LBD.


A.S avec Marie Belot

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