Le tribunal correctionnel de Besançon a relaxé ce vendredi Jonathann Daval des accusations de dénonciation calomnieuse de sa belle-famille.
Le parquet avait requis la relaxe contre l'ancien informaticien de 40 ans, qui purge actuellement une peine de 25 ans de réclusion.

C'était sans doute le dernier rendez-vous avec la justice pour Jonathann Daval. Ce vendredi, l'ancien informaticien de 40 ans condamné en 2020 pour le meurtre de son épouse Alexia, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Besançon dans l'affaire de dénonciation calomnieuse l'opposant à sa belle-famille. 

"Les dénonciations n'ont pas eu l'aspect de spontanéité exigé par la loi", a notamment estimé le juge Guillaume Law de Lauriston. L'ancien informaticien de 40 ans a écouté la lecture du jugement en visioconférence depuis la prison d'Ensisheim (Haut-Rhin) où il est incarcéré.

Le parquet avait requis la relaxe contre celui qui purge actuellement une peine de 25 ans de réclusion. "Encore une fois, toutes mes excuses. À partir de maintenant, vous n'entendrez plus parler de moi", avait promis Jonathann Daval à ses ex-beaux-parents à la fin de l'audience sur ce dossier, le 10 avril.

"Un pacte secret pour étouffer l'affaire"

Durant l'enquête, Jonathann Davan avait dans un premier temps admis être l'auteur du meurtre de sa femme, avant de se rétracter et d'accuser son beau-frère Grégory Gay d'avoir étranglé Alexia, en tentant de la maîtriser lors d'une crise d'hystérie. La famille aurait alors passé "un pacte secret pour étouffer l'affaire", affirmait-il.

"Beaucoup de personnes me disaient : 'C'est pas possible, t'as pas pu le faire tout seul'. À un moment, on veut leur faire plaisir, on dit oui, j'ai pas pu faire ça tout seul, sans penser aux conséquences derrière... Et en prison, qu'est-ce qu'on cherche à faire ? À s'en sortir", avait expliqué à l'audience Jonathann Daval.

Six mois plus tard, celui-ci avait finalement reconnu avoir menti et avoué à nouveau le meurtre de son épouse.

"Refermer définitivement le dossier Daval"

Suite à cela, Jonathann Daval était poursuivi pour dénonciation calomnieuse par Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, les parents d'Alexia, leur fille Stéphanie et son mari Grégory Gay.

Tout en reconnaissant "l'immoralité rare" des accusations de Jonathann Daval envers sa belle-famille, le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, avait estimé lors de l'audience qu'il était "temps de refermer définitivement ce dossier Daval d'un côté comme de l'autre".

"Je requiers la relaxe, au bénéfice du doute", avait-il lancé. "La loi et la jurisprudence reconnaissent à une personne poursuivie de pouvoir mentir, même si c'est moralement très dur", a-t-il expliqué, assurant "mesurer toute la souffrance de cette famille qui s'est sentie souillée".

Le principal plaignant, Grégory Gay, avait, lui, rappelé la gorge nouée "l'horreur" vécue par la famille : "On ne se rend pas compte de la souffrance et des difficultés qu'on a eues à encaisser tout ça".

Mme Fouillot avait de son côté évoqué sa "douleur de la perte d'Alexia et de cette ignominie". "Nous, on a perdu Alexia, c'est déjà un drame en lui-même, et six mois après on nous apprend qu'on est accusés de meurtre et que nous sommes les assassins de notre propre fille (...) Ça dépasse l'entendement", avait-elle lancé.


A.S avec AFP

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