Meurtre d’une lycéenne en 1994 : un suspect a reconnu les faits, 27 ans après

Richard Duclos avec AFP
Publié le 3 décembre 2021 à 8h39
Meurtre d’une lycéenne en 1994 : un suspect a reconnu les faits, 27 ans après

Source : PATRICK KOVARIK / AFP

AVEUX - Interpellé après que son ADN a matché avec celui retrouvé sur les lieux du meurtre de Nadège Desnoix, une jeune fille de 17 ans tuée en 1994 dans l’Aisne, un homme de 55 ans a reconnu avoir tué la lycéenne. Il a été mis en examen et placé en détention.

C’est la fin d’un "cold case" vieux de près de 30 ans. L'homme interpellé ce mardi 30 novembre dans le cadre de l’enquête sur la mort de Nadège Desnoix, en mai 1994 à Château-Thierry (Aisne), a reconnu avoir tué la lycéenne de 17 ans. Âgé de 55 ans, l’individu a été mis en examen et placé en détention provisoire. 

Il avait été interpellé en Ille-et-Vilaine, où il travaille, car son ADN correspond à celui retrouvé sur les lieux du crime à l’époque. En garde à vue, le suspect est passé aux aveux. "Présenté devant la magistrate instructrice, l'individu a fait des déclarations spontanées par lesquelles il a maintenu ses propos", rapporte le procureur de la République de Soissons, Julien Morino-Ros, dans un communiqué de presse.

En mai 1994, le corps lacéré de coups de couteau de Nadège Desnoix avait été découvert au bord d'un chemin à proximité du lycée technique où elle était élève en classe de première. La jeune fille avait quitté le domicile familial tôt le matin pour rejoindre deux amies dans un café, avant de commencer ses cours à 13 heures. Elle ne s'y est jamais présentée. Ses parents, inquiets de ne pas la voir rentrer, avaient donné l'alerte en fin de journée. 

Pris d'une "pulsion" en voyant la lycéenne

A l'époque des faits, le mis en examen, âgé de 28 ans, résidait en Seine-et-Marne, à une trentaine de kilomètres de Château-Thierry, souligne Julien Morino-Ros. D’après Le Parisien, il était à Château-Thierry le 24 mai 1994 pour rendre visite à la fille de sa compagne. Selon ses déclarations aux enquêteurs, que rapportent nos confrères, il aurait été pris d’une "pulsion" à la vue de Nadège Desnoix, alors qu’il passait en voiture le long d’un sentier qu’elle empruntait. 

L’autopsie réalisée après la découverte du corps de la lycéenne a établi qu’elle n’avait pas subi de violences sexuelles. Mais, toujours d’après Le Parisien, le mis en examen aurait avoué avoir imposé une fellation à l’adolescente, sans expliquer pourquoi il l’a ensuite tuée. 

En 1997 à Meaux, le meurtrier présumé a déjà été condamné pour des faits d'agression sexuelle sur mineure. En 2002, aux assises, il a également été condamné pour des faits de viol commis en 2000, indique le communiqué du procureur. 

C’est à la suite d’une procédure pour violences conjugales que le profil génétique du quinquagénaire a été récemment intégré au fichier national des empreintes génétiques. Il a alors correspondu à un profil ADN masculin prélevé sur la scène du meurtre de Nadège Desnoix. 

Un "début de réponse" pour la famille

A la suite de cette mise en examen, les parents, frères et sœurs de Nadège Desnoix ont remercié, par le biais d'un communiqué de leur avocat Arnaud Miel, "les services d'enquête et judiciaires qui n'ont jamais cessé malgré le temps qui s'écoule, de rechercher l'auteur de cet homicide".

Lire aussi

"Les années de souffrance, de quête incessante de la vérité et de l'identité de la personne qui a donné de manière atroce la mort à Nadège, trouvent en cette journée, enfin, un début de réponse aux innombrables questions qui les hantent", poursuit Me Miel, notant que cette nouvelle étape judiciaire constitue "une épreuve supplémentaire pour eux, mais nécessaire à la manifestation de la vérité".


Richard Duclos avec AFP

Tout
TF1 Info