Meurtre d’Aurélie Fouquet : Fisal Faïd condamné à 20 ans de prison en Algérie

Maud Vallereau
Publié le 12 juillet 2016 à 12h22
Meurtre d’Aurélie Fouquet : Fisal Faïd condamné à 20 ans de prison en Algérie
L'essentiel

JUSTICE – Le frère du braqueur médiatique Redoine Faïd a été condamné par un tribunal algérien à 20 ans de prison pour le meurtre de la policière municipale Aurélie Fouquet. Fisal Faïd avait fui en Algérie au lendemain de la fusillade mortelle de Villiers-sur-Marne le 20 mai 2010. Il n’était pas présent au procès fleuve qui s’était tenu en avril devant la cour d’assises de Paris.

Fisal Faïd, le frère du braqueur Redoine Faïd, a été reconnu coupable par un tribunal algérien du meurtre de la policière municipale Aurélie Fouquet, rapporte FranceTV Info . Acquitté en première instance dans cette affaire, l’homme de 46 ans a comparu devant la cour de M’sila qui l’a condamné à 20 ans de prison. Le parquet avait requis la perpétuité.

Fisal Faïd aurait dû se retrouver en avril dernier sur le banc des accusés de la cour d'assises de Paris aux côtés de son frère et de sept autres hommes, jugés pour le braquage avorté d’un fourgon blindé le 20 mai 2010 à Villiers-sur-Marne qui s’était achevé dans un bain de sang. Mais au lendemain de la fusillade mortelle ayant coûté la vie à Aurélie Fouquet, il avait fui en Algérie. Des neuf accusés, deux d’entre eux avaient été désignés comme les meurtriers de la jeune femme : Olivier Tracoulat, absent durant le procès et que la rumeur dit mort, et Daouda Baba. Ils avaient été condamnés à 30 et 20 ans de réclusion. Rabia Hideur, également poursuivi pour le meurtre, avait finalement été acquitté de ce chef d’accusation et avait écopé de 10 ans de prison. Le braqueur médiatique Redoine Faïd, soupçonné d’être le cerveau de l'opération, avait été reconnu coupable d’associations de malfaiteurs et condamné à 18 ans.

"Il en manque un et c’est notre prochaine bataille"

Submergée par l’émotion après le verdict, Elizabeth Fouquet, la mère de la victime, avait simplement promis de "poursuivre le combat". "Il en manque un et c'est notre prochaine bataille", avait développé son avocat Me Lienard auprès de metronews . Durant l’enquête, Fisal Faïd avait été formellement reconnu sur photo par un témoin de la fusillade comme étant le tireur de Villiers. Les parties civiles espéraient le voir traduire devant la justice algérienne. Devant la cour de M'Sila, le témoin entendu en visioconférence a confirmé sa déclaration. "C’est bien lui qui a tiré sur la dame", a-t-il expliqué selon les propos rapportés par Me Lienard cité par FranceTV info. "Fisal Faïd a refusé de répondre aux questions sur le fond. Mais Elisabeth Fouquet a eu la certitude d'avoir en face d'elle le meurtrier de sa fille", a poursuivi l’avocat. Son ADN avait notamment été retrouvé sur les lieux du crime ainsi que sur un sac contenant les armes.

Fisal Faïd a été interpellé en Algérie en mars pour trafic de stupéfiants, dossier pour lequel il a écopé de dix ans de prison. Une condamnation à laquelle s’ajoutent désormais les 20 ans de prison pour le meurtre de la policière. Un nouveau procès du meurtre d'Aurélie Fouquet est attendu, le parquet général ainsi que six des neuf accusés, ayant depuis fait appel. Lors du procès français, l'avocate générale avait requis des peines plus lourdes pour certains accusés, notamment à l’encontre du braqueur médiatique multirécidiviste Redoine Faïd. Les sept semaines d’audience n’avaient pas permis de faire toute la lumière sur le déroulement du drame et l’implication précise de chacun des neuf hommes. Gouvernés par la loi du silence, ils avaient tour à tour nié leur implication avant de s’empêtrer dans des explications rocambolesques, chargeant simplement Olivier Tracoulat, le seul accusé probablement mort.

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