Après le meurtre de Lola, 12 ans, l'émotion et la polémique politique

Meurtre de Lola : l'enquête de "Sept à Huit" sur le vrai visage de la suspecte

Virginie Fauroux | Reportage vidéo "Sept à Huit"
Publié le 25 octobre 2022 à 9h38
Cette vidéo n'est plus disponible

Source : Sept à huit

Qui est Dahbia, la jeune femme de 24 ans qui a violé, torturé et tué la petite Lola dans des conditions effroyables ?
Le mobile et l'équilibre psychologique de la suspecte posent toujours question.
"Sept à huit" a mené l'enquête.

La France a découvert le visage de Lola samedi 15 octobre au réveil : sourire espiègle, le visage poupin, encadré de longs cheveux blonds attachés en queue de cheval. C'est la sidération. La collégienne est morte à l'âge de 12 ans, tuée dans des conditions effroyables. Son corps avait été retrouvé la veille au soir dans une malle dans la cour de l'immeuble où elle résidait. 

Depuis, la stupéfaction et l'incompréhension dominent. Comment cette adolescente a-t-elle pu subir un tel sort ? 

Fleurs blanches et petits mots

Sur des images à retrouver dans la vidéo en tête de cet article, que le magazine "Sept à huit" s'est procurées, on devine une jeune fille très sportive. Elle était en effet passionnée de gymnastique, et a remporté plusieurs coupes et médailles en aérobic avec son club de Pantin. Et comme beaucoup d'ados de son âge, elle aimait se filmer en train de danser et multipliait les chorégraphies qu'elle postait ensuite sur les réseaux sociaux. Une vie d'adolescente ordinaire dont la mort tragique a suscité une intense émotion, dès les premières heures de sa disparition. 

À commencer par ses amies et camarades de classe qui sont venues déposer devant sa résidence fleurs blanches et petits mots. Innaya, 12 ans, était avec Lola en maternelle et en primaire, elle témoigne de sa tristesse : "Elle venait chez moi et je venais chez elle, on rigolait, on faisait des bêtises parfois et là, tout a disparu", raconte-t-elle devant les caméras de Sept à huit. De son côté, Andréa, la gardienne de l'immeuble voisin, a vu Lola grandir, elle la croisait souvent. "Je suis triste, j'ai le cœur coupé en deux. J'espère qu'elle partira au ciel et qu'on est là pour elle. On va soutenir le papa et la maman", dit-elle, les larmes aux yeux. 

On savait pas qu'elle était capable de faire ce genre de trucs. Je suis toujours choqué, j'y comprends rien. Absolument rien...

Un des anciens petits amis de Dahbia

Les premiers éléments sur la personnalité de Dahbia, 24 ans, celle qui aurait violé, torturé et tué Lola, laissent apparaître un parcours de vie chaotique, même si la jeune femme semble en apparence épanouie, ancrée dans son époque. Un de ses anciens petits amis témoigne : "Ça fait quatre jours que je dors pas et dès que je ferme les yeux, je l'imagine faire ce qu'elle a fait. On savait pas qu'elle était capable de faire ce genre de trucs. Je suis toujours choqué, j'y comprends rien. Absolument rien...", lance-t-il. 

Retour une semaine en arrière : vendredi 14 octobre, 15 h, c'est la fin des cours pour Lola. La fillette habite à quelques dizaines de mètres du collège, dans une résidence du 19ᵉ arrondissement de Paris, et a l'habitude de rentrer directement chez elle. Mais ne la voyant pas arriver, ses parents s'inquiètent. Très vite, sa mère signale sa disparition à la police, tandis que son père, gardien de l'immeuble, vérifie les images de vidéosurveillance. Il repère une jeune femme qui rentre dans l'immeuble, derrière elle, sa fille Lola la suit. 

Près de deux heures plus tard, la caméra filme l'inconnue qui ressort seule avec deux valises et une grande malle. Cette dernière a servi à Dahbia à dissimuler le cadavre de la jeune adolescente. Il est 19 h quand la tueuse présumée embarque avec sa malle dans la voiture d'un ami, qui l'emmène chez lui à Asnières. Près de trois heures plus tard, elle commande un taxi, met la malle dans le coffre et retourne sur les lieux du crime. Elle abandonne alors le corps dans la cour intérieure et quitte Paris en transport commun. La suspecte sera arrêtée quelques heures plus tard à Bois-Colombes, logée dans l'appartement d'un ami.

Une "fille comme les autres" ?

Lors de son audition, la jeune femme va livrer un récit glaçant du supplice qu'elle a fait endurer à Lola. Mais qui était vraiment cette jeune femme, présumée tueuse ? D'origine algérienne, elle arrive en France en 2016,  à l'âge de 18 ans, et s'installe avec sa mère et ses deux sœurs, à Bry-sur-Marne, en région parisienne. Les deux aînés commencent à construire leur vie, l'une se marie. Mais pour Dahbia, tout est compliqué. Elle sèche les cours et n'obtient pas son baccalauréat.  Au cours de cette période, il lui arrive de fréquenter Farès, un Algérien rencontré à Alger, leur ville d'origine. Il se souvient d'une "fille comme les autres". "Dahbia tout le monde l'appelle Dinna. Je l'ai connu en Algérie, c'est  une voisine chez moi au bled. C'était la fille la plus géniale, elle était sympa", témoigne-t-il. Puis survient le décès de ses parents et Dahbia fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire, car son titre de séjour d'étudiante est expiré.

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Il y a quinze jours, elle téléphone à Farès. Ce dernier constate alors qu'elle a radicalement changé : "Elle m'a appelé, c'était je crois trois jours avant le meurtre. Elle me disait qu'elle avait des visions de sa mère dans ses rêves. Elle voyait sa mère, comme si sa mère lui disait des trucs, mais elle, elle ne comprenait pas ce que lui disait sa mère. Quand elle était avec moi, elle parlait entre ses lèvres, à elle-même. Comme s'il y avait deux Dinna dans sa tête", explique-t-il. Avant son procès, la jeune femme subira des examens psychiatriques. Présumée innocente, elle est incarcérée à la prison de Fresnes et mise en examen pour meurtre et viol avec actes de tortures et de barbarie sur mineur de moins de quinze ans. Elle encourt la prison à perpétuité.


Virginie Fauroux | Reportage vidéo "Sept à Huit"

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