Après le meurtre de Lola, 12 ans, l'émotion et la polémique politique

Meurtre de Lola, 12 ans : ce que l'on sait de l'enquête

TF1info | Maurine Bajac
Publié le 17 octobre 2022 à 21h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

La principale suspecte du meurtre de Lola a été mise en examen pour "meurtre" et "viol aggravé".
Cette jeune femme de 24 ans a été placée en détention provisoire ce lundi soir.
Vendredi, le corps de Lola, une collégienne de 12 ans, avait été découvert caché dans une malle à Paris.

Trois jours après la découverte du corps de Lola, une jeune fille de 12 ans, dissimulé dans une malle déposée dans la cour intérieure d'un immeuble, la colère et l'émotion sont encore vives dans ce quartier du XIXᵉ arrondissement. L'enquête a avancé à grands pas durant le week-end : ce lundi, une femme de 24 ans, principale suspecte de ce meurtre, a été mise en examen par un juge d'instruction parisien pour "meurtre" et "viol aggravé". 

Elle a par la suite été placée en détention provisoire, selon les informations recueillies auprès de son avocat par TF1info. En fin d'après-midi, la procureure de la République, Laure Beccuau, est revenue sur ce crime, dans un long communiqué.

Les faits

Après avoir quitté son collège à 15h, situé à une centaine de mètres de son domicile, Lola n'est pas rentrée chez elle ce vendredi après-midi, ce dont ses parents se sont rapidement alarmés. C'est sa mère qui a déclaré la disparition inquiétante de sa fille au commissariat du XIXᵉ arrondissement, déclenchant l'ouverture immédiate d'une enquête, selon la procureure de la République. 

Le père de la jeune fille de 12 ans, gardien de l'immeuble où ils habitent, a visionné lui-même les images de vidéosurveillance, où il a pu voir sa fille entrer dans le hall à 15h15, en même temps qu'une jeune femme qu'il ne connaissait pas. La même personne est ressortie vers 17h, "chargée de lourds bagages", précise Laure Beccuau.

Entre ces deux horaires, s'est joué le destin de Lola. D'après "les déclarations fluctuantes de la suspecte, oscillant entre reconnaissance et contestation des faits", elle aurait entraîné sa jeune victime dans l'appartement de sa sœur, qui vit dans le même immeuble que Lola. Elle lui aurait alors "imposé de se doucher", avant de commettre sur elle "des atteintes à caractère sexuel", et des violences ayant entraîné la mort de l'adolescente. La suspecte aurait alors dissimulé son corps dans la malle en plastique opaque. 

Ce que révèle l'autopsie

C'est peu après 23h15 qu'un homme a découvert le corps de Lola, "dissimulé dans une caisse en plastique à roulettes, déposée dans les parties extérieures de l'immeuble", poursuit la procureure. 

L'autopsie révèle que la collégienne est morte d'une "défaillance cardio-respiratoire avec manifestation asphyxique et signe de compression cervicale". De multiples autres lésions ont été constatées sur le corps de l'enfant par le médecin légiste, dont des entailles au cou. 

L'examen réalisé n'a pas détecté "de lésion traumatique de l'ensemble de la sphère sexuelle". Les chiffres "zéro" et "un" étaient inscrits en rouge, sous chaque pied de la victime.

Des complices ?

Entre sa sortie de l'immeuble vers 17h et la découverte du corps de Lola après 23h, la suspecte semble avoir multiplié les déplacements, et aurait interagi avec plusieurs personnes. Plusieurs d'entre elles avaient d'ailleurs été placées en garde à vue dans la nuit du 14 au 15 octobre. Un homme qui se serait vu proposer la vente d'éléments contenus dans la caisse en plastique, un autre qui aurait accueilli la suspecte à Bois-Colombes (où la jeune femme avait été interpellée), et le troisième est celui qui avait découvert le corps. Tous trois ont été libérés sans poursuite à ce stade, tout comme la sœur de la suspecte.

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Un quatrième homme a été mis en examen du chef de recel de cadavre, selon les informations de TF1info. Il s'agit d'une connaissance de longue date de la jeune femme, qui l'aurait transportée, avec ses valises et la caisse en plastique, jusqu'à son propre domicile d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Deux heures plus tard, il aurait appelé pour elle un VTC pour la conduire à nouveau à Paris, avec les mêmes "bagages". L'homme a été placé sous contrôle judiciaire, mais pas en détention, une mesure rendue impossible du fait de la peine encourue.

La suspecte en détention

La femme suspectée a été mise en examen sous les chefs de "meurtre sur mineur de 15 ans accompagné de viol, torture ou actes de barbarie, et de viol sur mineur avec torture et actes de barbarie". Âgée de 24 ans, elle n'aurait pas de "fragilité psychologique", selon ses avocats, qui réfutent aussi fortement les rumeurs de trafic d'organes ou de meurtre rituel. Lors du débat à huis clos devant les juges des libertés et de la détention, cette femme dont on sait encore très peu de choses, aux cheveux bruns ondulés, remontés en chignon, s'était présentée avec un survêtement bleu, un t-shirt gris et un sweat clair sur les épaules. 

Selon une source proche de l'enquête, elle n'avait aucun antécédent judiciaire, et n'était connue des services de police que comme victime de violences conjugales, en 2018. Entrée légalement en France en 2016 avec un titre de séjour d'étudiant, elle avait été interpellée dans un aéroport français le 21 août français pour défaut de titre de séjour.


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