Alisha, 14 ans, morte noyée après une altercation à Argenteuil

Mort d’Alisha à Argenteuil : dix ans de prison pour deux adolescents

Julien Moreau
Publié le 8 avril 2022 à 6h19
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le 8 mars 2021, deux adolescents ont frappé la jeune victime avant de la jeter vivante dans la Seine.
Un an plus tard, ils ont été jugés par le tribunal pour enfants de Pontoise.
Ils ont chacun été condamnés à 10 ans de réclusion criminelle.

Deux adolescents de 16 ans ont été condamnés, ce jeudi 7 avril, à dix ans de prison pour le meurtre de la jeune Alisha à Argenteuil (Val-d’Oise), le 8 mars 2021. Le jeune garçon et la jeune fille avaient frappé la victime avant de la jeter vivante dans la Seine. Dans les minutes qui ont suivi les annonces du tribunal pour enfants de Pontoise, la mère de la victime a laissé éclater sa colère : "C'est pas normal, j'attendais quelque chose de la loi. Eux, ils vont sortir dans dix ans. Ma fille a été tuée. Ils ont tué ma fille, ils l'ont jetée dans l'eau".

Les prévenus, un garçon et une fille âgés de 16 ans, ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle assortie de mesures éducatives judiciaires. Ils devront également s'acquitter solidairement de 180.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral à la famille d'Alisha.

Le tribunal n'a pas retenu la préméditation

Ils ont comparu initialement pour "assassinat", un crime qui implique la préméditation, passible de vingt ans de prison avec l'excuse de minorité. Mais après plusieurs heures de délibéré, le tribunal pour enfants de Pontoise a déclaré qu’ils étaient coupables de meurtre sur mineur de 15 ans, mais il a décidé de ne pas retenir la préméditation.

Pour Me Franck Berton, qui a été l’avocat du jeune adolescent, la décision prise par le tribunal a été une décision remplie de sagesse. "Ils ont l'un et l'autre été condamnés à une peine de dix années, en deçà des réquisitions", a-t-il ajouté. Selon lui, les deux adolescents ont eu pour but de commettre des violences, mais jamais il n’y a eu la préméditation de tuer.

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Les adolescents ont toutefois eu "pleine conscience" de la situation et "ne pouvaient ignorer l'état manifeste de la victime" qui les a "suppliés", a déclaré le président du tribunal. La décision a été accueillie avec incompréhension et colère par les parties civiles et leurs nombreux soutiens, qui ont arboré des T-shirts blancs floqués du portrait de l'adolescente et des slogans #JusticepourAlisha, #stopharcèlement et "Je suis Alisha".

Pendant les quatre jours d’audience, le tribunal et les magistrats ont retracé les faits pour mieux comprendre les raisons qui ont poussé les deux adolescents à commettre cet acte macabre.

Mort d'Alisha : le procureur raconte les faitsSource : TF1 Info
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Rien ne présageait ce scénario quand les trois protagonistes s'étaient rencontrés à la rentrée de septembre 2020, au lycée professionnel Cognacq-Jay, un établissement privé du centre-ville d'Argenteuil. Les relations au sein du trio scolarisé en troisième s'étaient pourtant dégradées les semaines précédant le drame, entre amourettes et "futilités" adolescentes, a pointé le procureur. Un mois avant les faits, Alisha a vu son téléphone être piraté et des photos d'elle en sous-vêtements ont été diffusées sur Snapchat.


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