Monique Olivier, ex-femme du tueur en série Michel Fourniret, jugée à partir de mardi aux assises de Nanterre

Publié le 26 novembre 2023 à 7h00, mis à jour le 27 novembre 2023 à 23h15

Source : JT 20h Semaine

Monique Olivier, l'ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret décédé en 2021, est jugée à partir de mardi et jusqu'au 15 décembre devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine.
Âgée de 75 ans, elle comparait pour complicité dans l'enlèvement d'Estelle Mouzin, 9 ans en 2003, à Guermantes (Seine-et-Marne) et pour complicité dans l'enlèvement, le viol et le meurtre de Marie-Angèle Domèce en 1988 et de Joanna Parrish en 1990.

Elle est aujourd'hui la seule à pouvoir apporter des éléments de réponses aux familles endeuillées mais va-t-elle le faire ? À partir du mardi 28 novembre, Monique Olivier, 75 ans, comparait devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine. 

L'ex-femme du tueur en série des Ardennes Michel Fourniret, sera jugée pendant trois semaines pour complicité dans l'enlèvement, le viol et le meurtre de Marie-Angèle Domèce, 18 ans en 1988, et de Joanna Parrish, Britannique âgée de 20 ans en 1990, et pour complicité dans l'enlèvement d'Estelle Mouzin, 9 ans en 2003. 

Le 8 juillet 1988, Marie-Angèle Domece, 18 ans, avait quitté le foyer d'Auxerre où elle résidait pour rejoindre la gare où elle devait prendre le train direction Migennes. Elle n'a jamais pris le train et n'est jamais réapparue depuis. 

Le 17 mai 1990 à 9h30, le corps sans vie de Joanna Parrish, 20 ans, a été retrouvé immergé dans la rivière L'Yonne. La jeune femme dévêtue portait des traces de strangulations et de liens au niveau des poignets et des chevilles et des hématomes de la face. L'autopsie a permis d'établir que la jeune femme avait été également violée après son enlèvement, le 16 mai. 

Le 9 janvier 2003, Estelle Mouzin, 9 ans, disparaissait sur le trajet entre son école et son domicile de Guermantes. Elle n'a jamais été retrouvée. 

Le nom de Founiret évoqué dès 2003...

Quelle a été la participation de Monique Olivier dans ces crimes ? Pourquoi a-t-elle suivi "L'Ogre des Ardennes" dans ces actes ? Le couple s'est connu d'abord à travers une relation épistolaire après une petite annonce passée par Michel Fourniret, en mai 1987 dans Le Pélerin. Son contenu ? "Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier solitude". Monique Olivier, auxiliaire de vie, séparée et mère de famille, et plongée dans la solitude depuis, y répond. Bien que sachant le passé criminel de ce détenu, condamné alors pour une dizaine de viols et agressions sexuelles sur des jeunes filles, elle le suivra, dès sa sortie de prison le 22 octobre 1987 et pendant 16 ans, dans ses pires atrocités. 

La plupart des crimes ont été jugés. Mais concernant les cold cases Joanna Parrish, Marie-Angele Domèce et Estelle Mouzin, il aura fallu des années pour mettre un nom sur les auteurs présumés. Le nom de Michel Fourniret était pourtant apparu dès 2003 dans le dossier Mouzin mais ce dernier n'a jamais été mis en cause...

Les aveux de Monique Olivier en 2019

Il aura fallu la ténacité des enquêteurs et de la juge Sabine Khéris, qui a repris les dossiers ces dernières années, pour que Monique Olivier passe, en 2019, aux aveux. Le 21 novembre de cette année-là, l'ex-épouse de Fourniret contredit l'alibi fourni par le tueur en série pour le jour de la disparition d'Estelle Mouzin. Six jours plus tard, il est mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

En mars 2020, Michel Fourniret avoue à la juge Sabine Kheris sa responsabilité dans l'affaire. "Je reconnais là un être qui n'est plus là par ma faute", déclare-t-il, estimant "pertinent" que le corps puisse être dans l'une de ses anciennes propriétés des Ardennes. Deux ans plus tôt, la même juge avait également obtenu les aveux de Michel Fourniret dans les affaires Parrish et Domèce. 

Le 21 août 2020, Monique Olivier est mise en examen pour complicité après avoir déclaré à la justice que son ex-mari avait séquestré, violé et tué la petite fille dans la maison de la sœur défunte de Fourniret, à Ville-sur-Lume (Ardennes). Le même jour, on apprend que l'ADN partiel d'Estelle Mouzin a été retrouvé sur un matelas saisi en 2003 dans cette maison.

Où sont les deux autres corps?

Aujourd'hui, la famille Parrish souhaite savoir ce qui est arrivé le 17 mai 1990 à Joanna. Claude Domèce, le père de Marie-Angèle, qui toute sa vie s'est battu pour connaître la vérité et retrouver le corps de sa fille, ne saura jamais ce qu'il s'est passé le 8 juillet 1988, que Monique Olivier parle ou pas. Il est décédé à quelques jours du procès à l'âge 95 ans. 

Eric Mouzin, qui depuis 2003 n'a cessé de rechercher sa fille en placardant des affiches notamment, aura-t-il les réponses à ses questions pendant ces trois semaines d'audience ? Le père de famille, qui a interrogé Monique Olivier au cours d'opération de fouilles qui n'ont rien donné, garde cet espoir. "J'ai le sentiment que j'ai rencontré quelqu'un qui n'était pas dans mon monde. Elle est impénétrable. Plus ça va, plus j'ai l'impression que Monique Olivier est impliquée dans l'organisation, dans la préparation, dans la séquestration et dans l'évacuation du corps d'Estelle. Elle n'est pas victime de son mari", confiait Eric Mouzin au 20H  de TF1 jeudi dernier. 

Déjà condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité

Monique Olivier a déjà été condamnée en mai 2008 à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité de quatre meurtres et d'un viol en réunion commis par Michel Fourniret entre 1987 et 2003 en France et en Belgique. Puis elle a été condamnée en 2018  à 20 ans de réclusion pour complicité dans un cinquième meurtre, crapuleux cette fois, également commis par le tueur. 

Ce procès, qui doit durer jusqu'au 15 décembre, sera le premier mené par le pôle national des crimes sériels ou non élucidés, ou "cold cases", installé à Nanterre. Monique Olivier encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


Aurélie SARROT

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