Mort de Narumi Kurosaki : Nicolas Zepeda avoue finalement qu'il était présent dans la résidence de la victime

par A.S
Publié le 6 décembre 2023 à 16h41

Source : JT 20h Semaine

Le procès du Chilien Nicolas Zepeda, jugé pour l'assassinat de son ex-compagne, la Japonaise Narumi Kurosaki en 2016, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Haute-Saône.
Ce mercredi, l'accusé de 32 ans a reconnu pour la première s'être rendu dans la résidence de l'étudiante le soir de sa disparition.

"Je suis rentré dans cette résidence pour frapper à la porte de Narumi (Kurosaki)" : accusé de l'assassinat de cette étudiante japonaise en décembre 2016, dont le corps n'a jamais été retrouvé, Nicolas Zepeda a reconnu mercredi 6 décembre, pour la première fois, sa présence, le soir du drame, dans le bâtiment où vivait la jeune femme.

"Ça faisait un jour ou deux que j’étais à Besançon. Je suis allé frapper à la porte de Narumi pour voir si on pouvait aller boire un café", déclare le prévenu à l'occasion de son procès en appel qui s'est ouvert lundi dernier. La salle des assises du tribunal de Vesoul se fige. Depuis sept ans que Narumi Kurosaki a disparu, et que les soupçons se portent sur le Chilien, jamais il n'avait reconnu s'être rendu jusqu'à la chambre de son ex-petite amie. 

"Renouer une amitié"

"Dans quelle optique ?", reprend le président de la cour, François Arnaud. "Je voulais que les choses soient en bon ordre", explique l'accusé. Au moment de la rupture, "on avait parlé d’une suite plus constructive, de renouer une amitié, je voulais une réponse à cette interrogation".

"Pourquoi avoir omis de donner cette information ?", poursuit le magistrat. "J’avais un peu honte de vouloir réessayer" de maintenir un lien avec la jeune femme, concède l'homme de 32 ans. "Aujourd'hui je n’ai plus peur, je suis là pour vous laisser tout sur la table. Si jamais j’ai menti, si jamais j’ai omis, je vous le dirai", poursuit-il dans un français très fluide.

Malgré les questions supplémentaires des parties, qui veulent chacune saisir cet instant de vérité pour obtenir d'autres révélations, Nicolas Zepeda s'en tient là. Mais en ce mercredi midi, une brèche s'est ouverte.

"Il avait les yeux gonflés comme quelqu'un qui a pleuré"

Une ancienne étudiante, Nadia Ouaked, qui logeait à l'époque dans la même résidence que Narumi Kurosaki, venait de témoigner.  Elle affirme avoir vu Nicolas Zepeda dans la cuisine commune, au quatrième étage de la résidence, un jour de décembre 2016, quelques jours avant la disparition de la Japonaise.

"Je vois un garçon assis par terre derrière la porte, recroquevillé, j’étais surprise, j’avais un peu peur. J’ai pensé qu’il se cachait", explique la jeune femme, aujourd'hui âgée de 31 ans, qui a conservé son manteau à la barre. "Il avait les yeux gonflés comme quelqu'un qui a pleuré beaucoup, il avait les cheveux décoiffés, il était dans un sale état. Ça me faisait de la peine".

Quelques jours plus tard, quand les policiers recueillent son témoignage et lui présentent une planche avec les portraits de huit jeunes hommes pour identifier celui qu'elle a croisé, elle est formelle : il s'agissait de Nicolas Zepeda.

"Évolutions majeures"

"Depuis sept ans, Monsieur Zepeda a nié farouchement être rentré dans le bâtiment et être venu en Europe pour rencontrer Narumi Kurosaki. Ce sont deux évolutions majeures de ses dépositions", savoure l'avocat général, Etienne Manteaux, qui demande que ces déclarations soient dressées sur procès-verbal. Le président en donne l'ordre à la greffière. "Ce sont des éléments essentiels", approuve-t-il.

Le procès doit se tenir jusqu'au 22 décembre. Nicolas Zepeda, qui nie toute responsabilité dans la disparition de Narumi Kurosaki, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


A.S

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