Mort de Sihem : que sait-on de Mahfoud H., mis en examen ce jeudi ?

par A.S
Publié le 2 février 2023 à 14h55, mis à jour le 2 février 2023 à 15h45

Source : TF1 Info

Sihem, 18 ans, disparue le 25 janvier près de la Grand-Combe (Gard), a été retrouvée morte dans la nuit de mercredi à jeudi.
Mahfoud H., 39 ans, a été mis en examen dans cette affaire.
TF1info revient sur le profil du suspect, un homme au casier judiciaire chargé.

Un appel à témoins, une famille dans une attente sans fin, puis le terrible dénouement. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le corps sans vie de Sihem, 18 ans, a été retrouvé aux alentours d'une heure du matin sur un chemin de campagne isolé près de la Grand-Combe dans le Gard. 

La jeune fille avait disparu dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 janvier dans cette commune. Mardi dernier, deux personnes avaient été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet après que la famille de Sihem a signalé sa disparition : Mahfoud H.,"lien de famille éloigné de la victime" selon les mots de la procureure de la République de Nîmes Cécile Gensac, et son ex-compagne, cousine de Sihem.

Cette dernière a été mise hors de cause et est ressortie libre de la mesure. Lui a été mis en examen ce jeudi des chefs d'"arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire sans libération volontaire avant le septième jour" après avoir reconnu avoir tué la jeune femme dans le cadre d'une dispute liée à une relation amoureuse. Il a été placé en détention provisoire après avoir désigné le lieu où se trouvait le corps de la jeune femme aux enquêteurs.

 "Une requalification des faits sera possiblement envisagée", a précisé la procureure. TF1info revient sur le profil du suspect. 

Un père de famille âgé de 39 ans

Mahfoud H. est âgé de 39 ans. Il a été interpellé, mardi 31 janvier, à Cendras près d’Alès dans le Gard. Père de famille, il était en couple avec une cousine de Sihem. Ils étaient, au moment du drame, séparés. 

Interrogé depuis mardi par les enquêteurs sous le régime de la garde à vue, Mahfoud H. a, dans un premier temps, contesté toute implication dans la disparition de la jeune fille. 

Il a fini par passer aux aveux le 1er février 2023, après sa prolongation de garde à vue et sa présentation au parquet. "Il indiquait avoir tué la jeune femme dans le cadre d'une dispute liée à leur relation amoureuse alors même qu'ils s'étaient retrouvés la nuit des faits en toute intimité", a indiqué la procureure.  Le suspect dit être passé aux aveux "pour elle, pour sa famille et pour sa conscience. Il indiquait le lieu où se trouvait le corps, à savoir un endroit isolé aux alentours de La Grand-Combe", a ajouté la magistrate. 

Une information judiciaire a été immédiatement ouverte et le gardé à vue, Mahfoud H., était mis en examen des chefs d'"arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire sans libération volontaire avant le septième jour". Il a été placé en détention provisoire. 

Interrogée par un journaliste sur la dispute liée à relation amoureuse entre la jeune femme et l'auteur présumé des faits, la magistrate a rappelé qu'elle n'avait "que ce que le mis en cause a déclaré". "Je serai très prudente sur les conséquences et les conclusions qu'on peut en tirer", a-t-elle insisté. 

"Cette relation amoureuse, je vous le dis de façon tout à fait claire, personne n'en avait connaissance, et pour l'instant, ça n'est que la version de la personne mise en examen", a pour sa part indiqué Mourad Battikh, avocat de la famille de Sihem, ce jeudi après-midi au cours d'une allocution devant les journalistes. "Cette version n'est corroborée par personne. Personne n'avait connaissance de cette relation hypothétique. Sihem n'est plus là pour la confirmer. Évidemment, c'est une version du mis en examen. Il est tout à fait probable que cette relation n'ait jamais existé."

"Sihem voyait ce monsieur (Mahfoud H. NDLR) comme une nièce voit un oncle, comme une petite sœur voit un grand-frère. Il y a un grand écart d'âge entre les deux. La relation qui faisait le lien entre Sihem et ce monsieur, c'est simplement qu'elle gardait les enfants de sa cousine très régulièrement. Sa cousine qui est donc l'ex-femme de cet individu", a-t-il ajouté. 

Nombreuses mentions à son casier judiciaire

Avant ces faits, le mis en examen, âgé de 39 ans, était déjà connu des services de justice. "Son casier judiciaire porte mention de cinq condamnations pour des faits d'atteintes aux biens et de huit condamnations pour des faits en lien avec la conduite de véhicule. Il porte en outre mention d'une condamnation pour des faits de vols avec arme pour lesquels il a été condamné le 2 avril 2015 par la cour d'assises du Gard à 12 ans de réclusion criminelle, peine exécutée à compter du 21 septembre 2012", a indiqué ce jeudi Cécile Gensac, procureur de la République de Nîmes. 

Il devait par ailleurs comparaître le 1er février 2023 dans le cadre d'un procès d'assises pour des faits de vols avec usage d'une arme." Il avait fait l'objet d'une détention provisoire d'une durée de 3 ans simultanément à la peine purgée de 12 années. Le procès d'assises a fait hier l'objet d'un renvoi à une audience ultérieure compte tenu de son placement en garde à vue", a ajouté la magistrate. 

"Il sait que sa faute n'est pas pardonnable"

"J'ai assisté un homme qui a décidé d'affronter sa lourde responsabilité dans la disparition de Sihem et faire cesser un suspense insoutenable pour ses proches en guidant les enquêteurs. Il sait que sa faute n'est pas pardonnable, mais son silence n'aurait fait que l'aggraver", avait réagi Me Jean-Marc Darrigade, avocat du meurtrier présumé, contacté ce jeudi matin par LCI-TF1 après que l'on a appris la découverte du corps sans vie de Sihem.


A.S

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