JUSTICE - De nombreuses marques de coups avaient été constatées après le décès du garçon, en novembre 2016 à Reims. Ce lundi, comparaissent le beau-père de Tony, accusé de ces violences, et de sa mère, pour non-dénonciation.

Violence, et silence. Ce lundi 1er février doit s'ouvrir devant les assises de la Marne le procès de Loïc Vantal, accusé des maltraitances qui ont tué le fils de sa compagne. Tony, trois ans, est mort en novembre 2016 à la suite de coups. Des actes de "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un mineur de 15 ans" et "violences habituelles" pour lesquels son beau-père encourt 30 ans de réclusion criminelle. 

La mère de la victime, Caroline Letoile, est également poursuivie pour "non-dénonciation de mauvais traitements" et "non-assistance à personne en danger". Placée sous contrôle judiciaire, elle risque cinq ans d'emprisonnement. C'est elle qui, alors âgée de 19 ans, avait appelé les pompiers de Reims après que son fils avait, selon elle, perdu connaissance à cause d'une chute. 

Traces de coups multiples

Sur place, les secours avaient trouvé l'enfant dans un "état particulièrement grave", selon les termes du procureur de la République Matthieu Bourrette - son corps présentant alors "de nombreux hématomes". Le petit Tony est décédé à son arrivée aux urgences pédiatriques du CHU de Reims, où un médecin avait relevé des traces de coups de poings au ventre.

Une mort causée, selon l'autopsie, par un éclatement de la rate et du pancréas. De nombreuses lésions traumatiques sur le visage et le corps de l'enfant, ainsi que plusieurs fractures des côtes, anciennes et récentes, sont également consignées dans le rapport. 

Après avoir tenté de minimiser les faits, Caroline Letoile avait reconnu en garde à vue que son compagnon frappait Tony, dont il était le "souffre-douleur". Le couple avait emménagé ensemble depuis trois mois. Les violences, que le conjoint alors âgé de 24 ans reconnaîtra après plusieurs dénégations, auraient commencé dès son arrivée dans l'appartement maternel, en septembre. Les coups physiques se seraient intensifiés la semaine précédant le décès de l'enfant. 

Non-dénonciation

"Le père et la grand-mère de Tony cherchent des réponses, a souligné leur avocat Me Chalot. Ils sont toujours aussi effondrés." Cinq associations se sont également portées parties civiles, afin de "comprendre pourquoi Tony n'a pas été protégé", a expliqué Martine Brousse, présidente de La Voix de l'enfant. Au-delà des actes présumés de l'homme, condamné sept fois auparavant pour des faits de violences, le procès, qui avait été renvoyé en février 2020 pour cause de grève des avocats, devrait ainsi interroger l'inertie qui les a accompagnés.

À commencer par celle de la mère qui, présentée comme immature et sous l'emprise de son compagnon par les experts, n'a jamais dénoncé les coups. Mais aussi celle des voisins : "Tout le monde dans l'immeuble a, à un moment donné, entendu Tony pleuré", avait notamment affirmé le président du tribunal judiciaire de Reims en octobre 2019. 

À commencer par celle de la mère qui, présentée comme immature et sous l'emprise de son compagnon par les experts, n'a jamais dénoncé les coups. Mais aussi celle des voisins : "Tout le monde dans l'immeuble a, à un moment donné, entendu Tony pleuré", avait notamment affirmé le président du tribunal judiciaire de Reims en octobre 2019. 

Le plus proche voisin du couple y était renvoyé pour non-dénonciation de mauvais traitements. Sur ce point, le parquet général s'est pourvu en cassation début janvier après la relaxe décidée en première instance et en appel. Pour la mère et son conjoint, le verdict est attendu jeudi dans la soirée. 

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M. Lesprit (avec AFP)

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