Neuf personnes comparaissent depuis jeudi devant la Juridiction inter-régionale spécialisée de Nancy pour trafic de stupéfiants.L'affaire a débuté de manière étonnante par la trouvaille d'un passant, tombé sur le téléphone d'un des suspects.L'homme serait à la tête d'un impressionnant réseau, s'étirant sur cinq pays et brassant des centaines de kilos de stupéfiants.
Un réseau titanesque démasqué par un simple téléphone perdu. Neuf personnes sont jugées depuis jeudi par la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Nancy pour trafic de stupéfiants, et l'enquête a commencé de façon "inhabituelle", a souligné la présidente Mireille Dupont. Ce trafic, actif depuis un certain temps, ne serait pas tombé sans l'extraordinaire trouvaille faite par un passant, le 8 août 2020 : un téléphone portable allumé, sans code de déverrouillage, gisant à Rixheim, près de Mulhouse dans le Haut-Rhin. L'appareil s'est avéré être celui de l'un des suspects, qui serait à la tête d'un réseau tentaculaire présent sur cinq pays au total.
Rapporté aux enquêteurs, son contenu ne fait aucun doute : photos et vidéos de liasses de billets ainsi que de résine et d'herbe de cannabis confirment l'existence d'un trafic. Dans la foulée, une enquête est ouverte par le parquet de Mulhouse pour retrouver son mystérieux propriétaire. Identifié rapidement, celui-ci semble être le donneur d'ordres, à la tête d'une véritable entreprise d'importation et de revente de produits stupéfiants.
Bien au courant des techniques policières, il travaillait avec un cercle restreint de proches, qui l'aidaient à effectuer des commandes et des livraisons mensuelles, de plusieurs centaines de kilos de stupéfiants, en provenance du Maroc, de Belgique, des Pays-Bas ainsi que du Luxembourg. Trois autres personnes participant au même trafic ont d'ores et déjà fait l'objet d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, sorte de plaider coupable à la française, pour lesquelles ont été retenues des peines allant d'un à deux ans d'emprisonnement ferme. Le procès doit se poursuivre jusqu'à mercredi.
Selon France Bleu, plusieurs dizaines de kilos de drogue, de la cocaïne et du cannabis, ont été saisis au cours de l'enquête, ainsi que des armes à feu et de nombreux bijoux, chaussures et vêtements de grande marque. Des sommes cachées sur des comptes bancaires ont également été interceptées. En 2021, la Jirs précisait dans un communiqué cité par la radio locale que "le montant total provisoire des avoirs criminels saisis s'élève à plus de 640.000 euros". Elle décrivait aussi une "structure criminelle d'ampleur dirigée par un malfaiteur particulièrement aguerri", une "cible d'intérêt prioritaire" impliquée dans le narcotrafic depuis une quinzaine d'années sans jamais avoir été intercepté jusqu'alors.