MAUVAISE APPRÉCIATION - Le Samu de Loire-Atlantique a été condamné à verser un peu plus de 350.000 euros à une habitante de Guérande à qui il avait refusé d'envoyer les secours alors qu'elle était victime d'un AVC. Cette dernière est désormais lourdement handicapée.

Elle n'a pas été prise au sérieux. Un soir d'octobre 2010, une habitante de Guérande (Loire-Atlantique) convaincue de faire un accident vasculaire cérébrale (AVC) appelle les services d'urgences. Au bout du fil, un médecin régulateur du Samu avec qui elle s'entretient brièvement... mais qui finit par lui raccrocher au nez.

Le praticien avait déduit après les explications de cette femme que ses problèmes d'élocution et autres fourmillements étaient dûs à un état d'ivresse ou une dépression. Il l'invite même à aller "se coucher" et lui assure que "ça ira mieux demain". 

@google maps

Ancienne infirmière

Pourtant, la Guérandaise sait de quoi elle parle. Et pour cause : elle a été infirmière durant 20 ans dans un centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Pen-Bron, à Saint-Nazaire qui prend en charges des victimes de la route et d'AVC, rapporte Le Parisien.

Admise aux urgences avec une heure de retard

Partiellement paralysée, la femme quitte alors son domicile en rampant sur le palier de son immeuble pour tenter de frapper à la porte de ses voisins. Ainsi, elle sera admise aux urgences avec une heure de retard. "Ces traumatismes crâniens répétés ont pu jouer un rôle délétère sur l'évolution de l'AVC", avaient estimé des experts mandatés dans cette affaire.

La femme de 48 ans, désormais lourdement handicapée et qui a besoin d'une aide-ménagère quotidienne, avait dû subir 18 mois de rééducation pour retourner sur son ancien lieu de travail où elle a d'ailleurs changé de casquette. D'infirmière, elle est devenue secrétaire.

Le CHU de Nantes et son assureur ont ainsi été condamnés par le tribunal administratif à la dédommager à hauteur de 350.000 euros.


Edwy MALONGA

Tout
TF1 Info