Natalie De Mey condamnée à sept ans de prison pour avoir congelé son bébé

Le service METRONEWS
Publié le 19 mai 2016 à 16h51
Natalie De Mey condamnée à sept ans de prison pour avoir congelé son bébé
L'essentiel

VERDICT - Ce jeudi 19 mai, le tribunal de Carcassonne a condamné à sept ans de prison Natalie De Mey, pour avoir, en février 2011, tué son nourrisson en le plaçant dans le réfrigérateur, une heure après sa naissance.

Ce soir, Natalie De Mey dormira en prison. La cour d’assise de l’Aude a condamné, ce jeudi 19 mai, la jeune maman de 32 ans à sept années de réclusion criminelle, pour avoir, au mois de février 2011, congelé son bébé tout juste né après avoir accouché seule, dans sa salle de bain. L'altération du discernement a été retenue par les jurés.

Un acte de néonaticide (c’est-à-dire tuer un enfant dans ses premières 24 heures, ndlr) qui figure parmi les plus difficiles à juger. Parce que pour beaucoup et plus qu’ailleurs, il place ses auteur(e)s dans la catégorie des monstres sans coeur. Et parce qu’en la matière, la justice française n’a pas encore établi de réelle jurisprudence. Véronique Courjault, poursuivie en 2009 pour le meurtre de trois bébés, a été condamnée à à huit ans de prison pour la cour d’Indre-et-Loire. Dominique Cottrez, auteure d’un octuple infanticide, a quant à elle écopé de neuf ans d’emprisonnement. Mais dans l’Ain, en mars 2015, Audrey Chabot a essuyé une peine de 23 ans de réclusion criminelle. Toutes, pour ce geste, encouraient en théorie, la perpétuité.

"En Belgique, on ne fait pas des bisous"

Mais l’avocat général Pierre Denier, ce jeudi à Carcassonne, a demandé "une peine acceptable", "et même mieux", qui puisse être "acceptée par la société, la partie civile, l’accusée". Une peine qui, "au-delà de la réalité des faits, terribles, extrêmement violents, prenne en compte la vérité psychique" de Natalie De Mey. Afin que ne soient pas vains ces débats au cours desquels le tribunal a tenté d’esquisser ce qui a bien pu se passer dans la tête de cette jeune femme.

"Il y aura toujours une part d’incompréhensible" a encore prévenu l’avocat général. Mais au terme de ces trois jours, les jurés ont sûrement vu se détacher, sur leur carnet de notes, un mot fort : le mot fuir. Car c’est que Natalie De Mey a toujours fait. Fuyant la Belgique à l’adolescence, pour quitter un foyer strict, une maison où l’on parlait beaucoup de Dieu mais jamais d’amour. "En Belgique, vous comprenez, on ne fait pas des bisous" a d’ailleurs rappelé sa mère en Flamand, à la barre. Fuyant, au moyen de l’alcool et d’une tentative de suicide, une vie conjugale empreinte de violence et la réalité d’une grossesse qu’elle ne désirait plus, délaissée à la fois par le père de ses filles, et son amant, père naturel de l’enfant décédé, aujourd’hui assis sur le banc des parties civiles. Fuyant la justice, un temps, en ne se présentant pas à son premier procès, en décembre dernier. "Vous allez rendre un arrêt", a rappelé l’avocat général aux jurés, peu avant qu’ils ne se retirent pour délibérer. "Stricto sensu, vous allez arrêter cette fuite".

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"Je ne suis pas une mère parfaite"

Car dans l’espoir de la cour, une réponse pénale peut permettre à Natalie De Mey, jugée "immature" par les experts, de mettre des mots sur son geste. Ce qu’elle était jusqu’alors incapable de faire. Et comme libérée après avoir été comprise pour la première fois - et non pas pardonnée, l’accusée s’est exprimée après la plaidoirie de son avocat Philippe Calvez : "Je suis là aujourd’hui pour prendre mes responsabilités. Pour présenter des excuses. à monsieur Tong Van, à mes parents, à ma propriétaire de maison, à tout le monde, même si mon geste est inexcusable. Certes, je ne suis pas une mère parfaite, mais je n’ai pas cherché à en arriver là. Je veux pouvoir tourner une partie de la page. La cicatrice ne sera jamais…. cicatrisée, mais je ne veux plus fuir. Je n’ai jamais rien prémédité, j’ai cherché une solution et c’était trop tard. Ca fait cinq ans que ça dure et il faut qu’aujourd’hui, ce soit terminé."

Chose étonnante : la cour n'a pas proposé de suivi socio-judiciaire de longue durée, comme demandé par l'avocat général. Reste à savoir si la jeune femme saura faire face à sa nouvelle réalité.