Normandie : le maire retrouvé pieds et mains cloués évoque une agression politique

A.S
Publié le 11 novembre 2022 à 14h13
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Mercredi, le maire de Saint-Côme-du-Mont (Manche) a été retrouvé dans un champ avec des clous plantés dans les mains et dans les pieds.
L'édile indique avoir été agressé par deux hommes lui reprochant son soutien à Emmanuel Macron.
Il avait, par le passé, été poursuivi pour "dénonciation imaginaire".

Qu'est-il arrivé au maire de Saint-Côme-du-Mont, petite commune située entre Saint-Lô et Cherbourg ? Mercredi dernier, Bernard Denis, a été retrouvé à 12 h 30 dans un champ à proximité de la salle des fêtes, blessé au visage et présentant deux clous plantés dans chacune de ses mains et un clou planté dans chaque talon. 

Hospitalisé au centre hospitalier de Saint-Lô, il a été opéré le jeudi matin afin d'extraire les clous de ses mains. Ceux plantés dans les talons avaient été ôtés la veille. "Son état de santé physique n'est pas alarmant. Il a fait l’objet d’examens médico-légaux qui ont conclu à une incapacité totale de travail de 21 jours", informe Michaël Giraudet, procureur de la République de Coutances dans un communiqué. 

Le parquet a ouvert immédiatement une enquête ouverte du chef de "violences aggravées". Celle-ci a été confiée à la brigade des recherches de Saint-Lô, avec l’appui de la cellule d’investigation criminelle et de la section de recherches de Caen. 

Agressé pour son soutien à Emmanuel Macron?

Suite à ces blessures, le maire de Saint-Côme-du-Mont a été entendu par les enquêteurs. "Il impute son agression à deux hommes lui reprochant, à nouveau, le soutien apporté au Président de la République, révèle le procureur. Après lui avoir porté un coup au visage et l'avoir amené au sol, face contre terre, ils lui auraient enfoncé les clous dans les mains et l'arrière de la cheville à l'aide d'une cloueuse pneumatique". 

De précédentes "agressions"

Le procureur de la République de Coutances rappelle par ailleurs que le maire s'était déjà déclaré victime par le passé d'autres agressions. "Les deux premières procédures concernant l’incendie de son véhicule et des menaces de mort ont fait l’objet d’un classement sans suite pour défaut d’identification d’un potentiel auteur. Les très nombreuses et très longues investigations diligentées n’avaient aucunement permis de dégager des pistes permettant de mettre en cause qui que ce soit". 

En mai 2022, Bernard Denis avait également déclaré avoir reçu "deux tirs sur son fourgon".  "L’enquête menée sous mon contrôle par la section de recherches de Caen appuyée par l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale avait permis de déterminer que monsieur Bernard Denis avait menti. Entendu en juin 2022, il avait reconnu avoir tiré lui-même dans son fourgon et avoir inventé cette agression" précise le magistrat. L'élu avait par la suite fait l’objet de poursuites du chef de dénonciation de délit imaginaire. Il doit comparaître selon la procédure de comparution préalable sur reconnaissance de culpabilité pour ces faits le 23 novembre prochain.

Après ses déclarations aux enquêteurs, jeudi, le maire est revenu "sur la reconnaissance des faits de dénonciation de délit imaginaire, mettant en lien l'agression du 9 novembre avec celle du 18 mai 2022", souligne le magistrat. De "très nombreuses investigations sont en cours afin d'élucider cette affaire" notamment des auditions de témoins, une enquête d'environnement, les saisies de traces aux fins d'analyses génétiques, l'exploitation téléphonique.


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