Ocean Viking : 44 des 234 rescapés vont être expulsés, une soixantaine éligible au droit d'asile

Publié le 15 novembre 2022 à 16h13, mis à jour le 15 novembre 2022 à 18h13

Source : JT 20h WE

Le ministre de l'Intérieur a annoncé ce mardi que 44 des 234 rescapés de l'Ocean Viking allaient être expulsés.
Le navire avait secouru fin octobre 234 personnes, hommes, femmes et enfants, menacées de naufrage au large de la Libye.
Une soixantaine de ces personnes, originaires de Syrie, du Soudan ou de l'Erythrée, pouvaient demander asile.

Plusieurs dizaines des 234 rescapés du navire humanitaire Ocean Viking débarqués à Toulon la semaine dernière vont être expulsés vers leur pays d'origine, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. 

Parmi ces personnes qui ont fait l'objet d'un bras de fer diplomatique entre Paris et Rome après avoir été repêchées en Méditerranée, "44 se voient désormais" opposer un refus à leur demande d'asile et "seront reconduites dès que leur état de santé" le permettra, a expliqué le ministre lors de la séance de questions au gouvernement, expliquant que l'étude des dossiers était toujours en cours.

44 mineurs et 60 personnes pouvant demander l'asile

Sur les 234 personnes, 44 ont par ailleurs été reconnus mineurs, "60 peuvent demander l'asile, notamment des Syriens, des Soudanais et des Érythréens", a précisé le locataire de Beauvau, précisant que ces derniers allaient pouvoir être répartis dans onze pays européens. 

"Prodiguer des soins rendus urgents"

Ce mardi, une requête de l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) demandant la fin "des privations de liberté" pour les migrants secourus par le navire humanitaire Ocean Viking et placés dans une zone d'attente fermée à Hyères (Var) a été rejetée.

L'Anafé demandait, entre autres, au juge des référés du tribunal administratif de Toulon que la création, par arrêté préfectoral, de cette "zone d'attente" dans un centre de vacances de la presqu'île de Giens d'où les migrants naufragés en Méditerranée ne peuvent pas sortir, soit suspendue.

Elle arguait notamment d'un "détournement de pouvoir" de l'État et demandait qu'il soit enjoint aux autorités de "mettre fin immédiatement aux privations de liberté de toutes les personnes qui se trouvent dans cette zone" et "de les orienter vers un lieu d'hébergement susceptible de les accueillir en tenant compte de leur composition familiale et de leur état de santé".

La juge des référés a toutefois estimé que le préfet du Var a dû créer cette zone fermée "pour répondre à l'urgence qu'il y avait à accueillir près de 250 personnes provenant de différents pays, afin de leur prodiguer des soins rendus urgents par les difficultés rencontrées durant leur périple".

Plusieurs dizaines dans la zone d'attente

L'Ocean Viking, navire affrété par l'ONG SOS Méditerranée en partenariat avec la Fédération internationale de la Croix-Rouge, avait secouru fin octobre 234 personnes, hommes, femmes et enfants, menacées de naufrage au large de la Libye.

Après le refus de l'Italie d'accorder un port sûr à l'Ocean Viking, comme le prévoit le droit maritime, la France avait accepté de laisser débarquer les migrants rescapés à Toulon vendredi, plaçant la plupart d'entre eux dans cette zone d'attente fermée à Hyères, à l'exception de 44 mineurs isolés et de deux personnes hospitalisées.

Lundi soir, 188 de ces migrants rescapés, qui comptent tous demander l'asile, étaient toujours dans la zone d'attente, selon la préfecture. Depuis lundi, les juges de la liberté et de la détention statuent également sur la prolongation ou non de cette privation de liberté pour chacun des migrants.


La rédaction de TF1info

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