Organisation illégale d’un festival néonazi en Isère : une enquête ouverte

Publié le 29 février 2024 à 17h55

Source : Sujet TF1 Info

Des centaines de participants se sont réunis pour un festival néonazi à Vézeronce-Curtin (Isère), samedi 24 février.
Une enquête a été ouverte suite à l’événement, qui avait été interdit dans six départements.

En dépit de l’interdiction, "Call of Terror" s’est bien tenu samedi 24 février à Vézeronce-Curtin, commune tranquille de l’Isère. Ce festival de black metal, à l’idéologie néonazie, a réuni des centaines de participants de manière illégale. Organisé sur les réseaux sociaux, l’évènement indiquait simplement pour lieu la "région Rhône-Alpes", si bien que six préfectures avaient pris des arrêtés pour empêcher son déroulé : celles du Rhône, de l’Isère donc, de l’Ain, de Haute-Savoie, de Savoie et de la Drôme, recense un journaliste de Mediapart.

Une salle communale louée pour un "anniversaire"

Contacté par TF1info, le parquet de Bourgoin-Jallieu indique avoir "été informé le 24 février 2024 à 17 h de la tenue d’un concert de musique ‘call of terror’, le soir même dans la salle des fêtes de la commune de VEZERONCE-CURTIN (38), malgré un arrêté préfectoral d’interdiction pris au motif que les groupes de musique annoncés étaient proches de l’idéologie néo-nazie. Lors de la location de la salle, les organisateurs ont indiqué aux services communaux qu’il s’agissait d’une soirée privée d’anniversaire". En effet, comme le raconte Le Dauphiné Libéré, les organisateurs du festival se sont réfugiés derrière le prétexte d’un anniversaire pour louer la salle communale de Vézeronce-Curtin. 

Dans la boucle Telegram dédiée à l’événement, c’est un vent de satisfaction qui a soufflé le lendemain. "Un immense merci aux participants de cette 5ᵉ édition, un grand merci aux groupes également, et un grand merci à nos équipes de sécurité, de logistique qui ont fait un travail monstre. Prenez soin de vous. Vive le black metal", peut-on lire dans une publication datée du 25 février. 

L'affiche du festival Call of Terror, organisé le 24 février à Vézeronce-Curtin (Isère)
L'affiche du festival Call of Terror, organisé le 24 février à Vézeronce-Curtin (Isère) - DR

Deux jours plus tard, le parquet de Bourgoin-Jallieu a indiqué avoir ouvert une enquête pour "organisation de manifestation interdite", pour "provocation à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée", et pour "apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité". L’enquête de flagrance a été confiée à la brigade de recherches de La Tour du Pin, précise la procureure de la République, Nathalie Hermitte. 

En réalité, ce n’est pas la première fois que les organisateurs défient les autorités en organisant leur festival annuel. En 2023 déjà, 200 à 300 personnes avaient assisté au concert dans un restaurant de Saint-Quentin-Fallavier, toujours en Isère. La précédente édition remontait à 2020, avec le même stratagème : une localisation vague donnée sur les réseaux sociaux et envoyée à la dernière minute aux participants, et une localisation de salle pour un "anniversaire" ou une "réunion de motards", comme le rapporte Rue89Lyon

Au total, cinq éditions ont déjà eu lieu, malgré la dissolution en 2019 du mouvement Blood and Honour, derrière ces concerts de black métal. Interrogé sur le suivi de ce mouvement, le ministère de l’Intérieur n’était pas revenu vers nous dans l’immédiat.


Caroline QUEVRAIN

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