Sylvain Féron, un professeur de guitare, est jugé, à partir du lundi 22 avril, avec cinq autres personnes devant la cour d'assises de Paris.
Handicapé après avoir été victime, selon lui, d'une mauvaise manipulation aux cervicales, il est suspecté d'avoir mis un contrat sur la tête de son kiné.
Il aurait ainsi recruté des hommes de main géorgiens pour s'en prendre au professionnel de santé.

Il aurait été animé d'une volonté de vengeance tenace. Sylvain Féron, un professeur de guitare, est soupçonné d'avoir recruté des hommes de main venus de Géorgie pour s'en prendre à Michel H., son ancien kinésithérapeute. Il va être jugé à partir du lundi 22 avril avec cinq autres personnes devant la cour d'assises de Paris. 

Dans cette affaire, dix personnes ont été renvoyées en procès. Mais trois d'entre elles, de nationalité géorgienne, ne se trouvent pas en France et sont visées par un mandat d'arrêt. Une dernière est décédée en détention en février.

Comparaîtront cinq hommes et une femme, qui répondront pour la plupart de tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs criminelle. Un ami du principal accusé ne sera, lui, jugé que pour non dénonciation de crime.

Une vengeance sur fond de handicap

Pour tout comprendre à ce dossier, il faut remonter au 6 mai 2019. Ce matin-là, Michel H., masseur-kinésithérapeute, traverse une rue du XVIe arrondissement de Paris pour se rendre à son cabinet, lorsqu'une voiture accélère, le renverse, puis prend la fuite. Il s'en sort miraculeusement avec un hématome au pied et un traumatisme à la jambe. 

Aux enquêteurs, il fait part de ses soupçons concernant un ancien patient, Sylvain Féron, qui l'accusait d'avoir pratiqué, dix ans plus tôt, une mauvaise manipulation des cervicales l'ayant, selon lui, handicapé. Attaqué devant le conseil de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Michel H. avait dû lui verser 30.000 euros, au terme d'expertises médicales.

Une équipe venue en avion de Géorgie

Des écoutes téléphoniques ont permis de constater que le professeur de guitare nourrissait toujours un désir de vengeance à son égard. Les enquêteurs ont ensuite établi que sa compagne et le père de cette dernière, tous deux géorgiens, avaient servi d'intermédiaires pour recruter une équipe géorgienne pour s'en prendre au kiné.

Début 2018, Sylvain Féron avait, selon les investigations, remis 2000 euros lors d'une rencontre à une première bande, mais celle-ci n'avait finalement pas donné suite. Sa compagne avait alors trouvé d'autres candidats. Trois d'entre eux, venus spécialement de Géorgie en avion, avaient commis l'agression contre Michel H., avant de repartir.

Jugeant que le travail avait été mal fait, selon les écoutes, Sylvain Féron ne semblait pas vouloir s'arrêter là. Il envisageait une autre agression contre Michel H. telle qu'un home-jacking, mais les enquêteurs l'avaient entre-temps interpellé ainsi que d'autres suspects. Au cours de l'instruction, il a toujours nié avoir voulu la mort de la victime et contesté avoir été le commanditaire de son agression.


La rédaction de TF1info

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