Dans la nuit du 13 au 14 mai, des mains rouges ont été taguées sur le Mur des Justes, au Mémorial de la Shoah, à Paris.
Les enquêteurs étudient la piste d'un commando bulgare composé de trois personnes, toujours recherchées.
À ce stade de l'enquête, rien ne prouve que ce trio aurait agi sur consigne de Moscou.

Qui a dégradé le Mur des Justes ? C'est une question à laquelle les enquêteurs tentent de répondre depuis la nuit du 13 au 14 mai. Ce soir-là, deux personnes sont filmées par des caméras de vidéosurveillance en train de taguer des mains rouges, réalisées à l'aide de pochoirs, sur le Mur des Justes, sous le nom des milliers d'hommes et de femmes qui ont contribué à sauver des juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale, explique une source proche de l'enquête à TF1/LCI, confirmant les informations de nos confrères du Canard enchaîné. Un peu plus loin, une troisième personne filme la scène.

Trois suspects prennent la fuite vers la Belgique

Dans la foulée de ces dégradations, les trois auteurs prennent la fuite. Direction l'est de Paris et la gare routière de Bercy. Ils embarquent alors sans difficulté dans un bus, direction la Belgique, sans être inquiétés par les autorités françaises. Au petit matin et suite à la découverte de ces dégradations au Mémorial de la Shoah, une enquête de police est ouverte pour "dégradations volontaires sur un bien classé et en raison de l'appartenance à une Nation, ethnie, race ou religion". Le parquet de Paris confie les investigations à la Sûreté territoriale de Paris (ST 75). 

Les premiers actes d'enquête s'enchaînent : réquisition des images de vidéosurveillance, enquête de voisinage, visionnage des bandes vidéo... Puis, un travail de fourmi débute avec l'analyse des nombreux bornages téléphoniques. Grâce à ces fins recoupements, les enquêteurs vont pouvoir rapidement retracer le parcours des tagueurs.

Rien ne prouve pour l'heure qu'ils ont tagué le Mur des Justes sur des consignes de Moscou
Source police à TF1/LCI

Moins de dix jours après les faits, un scénario se dessine. Et une piste privilégiée est sur la table : celle d'une équipe parisienne constituée de trois ressortissants bulgares. Les investigations permettent de prouver que ces derniers sont arrivés quelques jours avant les faits en ayant réservé une chambre d'hôtel dans le nord de la capitale. 

Cependant, nos différentes sources contactées pour vérifier les affirmations de nos confrères émettent, à ce stade, des réserves concernant l'implication "des services russes" dans ce récent dossier. "Le Palmipède va trop vite en besogne", confie une source bien informée au sujet des affaires d'ingérences. "Si la piste numéro 1 est bien celle d'une équipe de trois bulgares, rien ne prouve pour l'heure qu'ils ont tagué le Mur des Justes sur des consignes de Moscou. Toutefois, ce que l'on note, c'est que ces affaires arrivent systématiquement en réaction à l'actualité chaude", poursuit cette même source.

Des affaires considérées comme "très sensibles"

Enfin, Le Canard Enchaîné affirme également que ces trois récentes affaires de "barbouzes barbouilleurs missionnés par les services secrets russes estampillées ingérences étrangères relèvent désormais de la Direction générale de la sécurité intérieure". Mais selon nos informations, c'est inexact : la ST 75 garde la main sur ces affaires considérées comme "très sensibles" à la préfecture de police de Paris. 

Concrètement, à la Sûreté, un groupe entier est chargé de travailler sur les deux récents faits de tags : ceux du quartier Notre-Dame, qui datent du 30 mars, avec des messages cerclés d'anneaux olympiques avertissant du danger des chutes de balcon. Et dorénavant s'ajoutent ceux du Mur des Justes, au Mémorial de la Shoah.

Les hauts fonctionnaires de la Préfecture de police ont demandé à être informés "trois fois par semaine de l'avancée de ces enquêtes", a-t-on appris. La place Beauvau et la DGSI sont aussi destinataires "aussi souvent que souhaité" de points détaillés sur les investigations en cours.


La rédaction de TF1info avec Raphaël Maillochon

Tout
TF1 Info