Paris : une femme frappée, étranglée et violée dans sa voiture par un SDF

A.S
Publié le 12 septembre 2022 à 15h11
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Une femme âgée de 36 ans a été agressée et violée dans la nuit de samedi à dimanche, Avenue Pierre Mendès-France.
Dans le 13e arrondissement, ce type de faits n'est malheureusement pas isolé.
L'auteur présumé des faits a été interpellé.

Que se passe-t-il dans le 13e arrondissement de Paris, où plusieurs affaires de viols se sont déroulées ces dernières semaines ? Le week-end dernier, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 septembre, une femme née en 1988 a été violée sur l'avenue Pierre Mendès France entre 3h et 4h du matin. "Le viol a eu lieu dans le véhicule de la victime. L'auteur a ouvert de force la portière, a poussé la jeune femme, l'a étranglée, lui a asséné plusieurs coups de poing, et a procédé à plusieurs pénétrations digitales", détaille une source proche du dossier à TF1info. 

La victime a réussi à s'échapper du véhicule et à se rendre sur le terre-plein central de l'avenue Pierre Mendès France. L'auteur l'a agrippée, étranglée une nouvelle fois puis plaquée contre le capot de la voiture. Il a essayé de lui prendre son téléphone et les clés de la voiture. Quatre témoins ont finalement mis l'agresseur en fuite. "L'auteur présumé des faits a été interpellé à 4h15 quai d'Austerlitz grâce à une description assez précise du physique mais aussi des vêtements portés par l'individu. Il s'agit d'un Tchadien SDF né en 1995. Il portait au moment des faits une veste militaire qui a été retrouvée dans un sac plastique qu'il transportait." "L'individu a été mis en examen hier des chefs de viol et violences en état d'ivresse manifeste et placé en détention provisoire", indique une source judiciaire le jeudi 14 septembre à TF1info.

Plusieurs récentes affaires de viols dans le 13e arrondissement

Depuis un mois, d'autres affaires de viols survenues dans le même arrondissement ont été rapportées aux forces de l'ordre avant d'être confiées à la justice. Ainsi, le 7 août, une jeune femme avait déclaré avoir été droguée et violée par un architecte dans un appartement du boulevard Vincent Auriol. La victime avait précisé avoir rencontré ce Tunisien par deux fois en boîte de nuit avant ces faits. Interpellé, le suspect a contesté les faits. Il a été mis en examen dans l'attente de son procès. 

Dans la nuit du 23 au 24 août, une jeune fille de 18 ans avait été retrouvée nue et en état de choc dans la rue de la Vistule, près du métro Tolbiac, par des policiers. D'abord mutique, elle avait fini par déclarer aux policiers avoir passé la soirée avec un homme de 45 ans prénommé Karim au bar Le Coche, non loin de là. Elle avait expliqué que ce dernier l'avait ensuite entraînée dans sa camionnette et contrainte à une pénétration vaginale et une fellation.  Grâce au signalement, le suspect avait été interpellé dans son véhicule. À ses côtés, les chaussures et quelques vêtements de la victime notamment. Placé en garde à vue, le quadragénaire était défavorablement connu pour des faits d'agressions sexuelles et de violences notamment. 

"Une centaine de viols par mois à Paris"

Le 13e arrondissement est-il le seul à connaître ce terrible phénomène ? "Non", assure une source policière. "Il y a en moyenne une centaine de viols par mois à Paris. C'est une grande ville, avec de nombreux habitants et beaucoup de transits. En début d'années, il y a eu de nombreux viols ans le nord de la capitale. Du côté de Stalingrad, avec le crack, c'était presque quotidien. Idem sur le 18e, où les faits étaient nombreux. Mais on ne peut pas dire qu'il y ait une hausse flagrante dans le 13e. Les récentes affaires ont été médiatisées, car il y a eu des interpellations. C'est, je pense, l'explication", nous confie-t-elle. 

Pour preuve, deux jours avant le viol de l'avenue Pierre Mendès France, une autre victime avait alerté les forces de l'ordre d'un autre fait, dans le 7e arrondissement cette fois. L'événement s'est déroulé dans la nuit de jeudi à vendredi. "La jeune femme est née aux Philippines et demeure au Canada. Elle résidait dans une auberge de jeunesse à Paris, détaille la source policière. Elle a indiqué aux enquêteurs avoir rencontré un homme sur le Champ-de-Mars, jeudi soir. Ce dernier lui aurait alors proposé d'aller en soirée mais au lieu de ça, vers 2h du matin, il l'a isolée sur le Champ-de-Mars et violée avant de lui voler son argent et de prendre la fuite". 

La victime a pris une douche après les faits avant de se rendre au commissariat pour porter plainte. "Elle a remis aux policiers les vêtements qu'elle portait quand elle a été violée. Elle a déposé plainte et donné un signalement : individu de type africain, de corpulence athlétique, 1,90m, âge apparent 20 ans, cicatrice sur le bras", précise la source. Le suspect âgé de 19 ans a été interpellé vendredi soir à 23h30 dans le 15e arrondissement et placé en garde à vue pour "viol". "Il a été mis en examen ce lundi du chef de viol et placé en détention provisoire", informe le parquet de Paris.

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Si les affaires de viols ne sont a priori pas en hausse dans la capitale, le modus operandi des agresseurs a pu varier ces derniers temps. "Avant, nous avions davantage affaire à des individus qui se servaient d'alcool ou de drogue type GHB pour commettre un viol. Aujourd'hui, nous avons de plus en plus d'affaires 'moins élaborées'. Il y a rarement un acte prémédité. C'est plus de l'ordre de la pulsion", détaille la source policière. 

Autre différence par rapport à quelques années en arrière, "la parole des victimes se libère plus facilement". "Plus la victime est réactive à prévenir les services de police, plus elle donne des détails, plus l'intervention sera rapide et l'interpellation possible. C'est ce qu'il s'est passé la semaine dernière. Dans les deux affaires, deux auteurs présumés ont été interpellés car les deux victimes ont été réactives à prévenir les forces de l'ordre. Il y a quelques années, ce qui était compliqué sur les affaires de viols, c'est que les victimes, du fait de leur traumatisme, mettait un plus de temps à porter plainte. Parfois plusieurs mois, voire plusieurs années. Forcément, plus le temps passe, moins les détails et les souvenirs sont précis et plus les preuves potentielles s'amoindrissent. Il devient alors compliqué dans ces dossiers d'obtenir des suites judiciaires", conclut la source. 


A.S

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