Les époux Balkany devront être incarcérés après la révocation de leurs bracelets électroniques, annoncée ce jeudi.
Sur LCI, Patrick Balkany a nié tout manquement à l'assignation à résidence du couple.
Il a critiqué "des corrélations un peu bizarres" à ses yeux dans le calendrier de cette décision, qui survient un mois avant la fin de la peine.

Le verdict est tombé ce jeudi 3 février : la justice a révoqué le placement sous bracelet électronique du couple Balkany, qui devrait se retrouver prochainement derrière les barreaux pour "fraude fiscale massive". En cause, une centaine de manquements depuis mars 2021 à leur assignation à résidence au moulin de Cossy, leur résidence de Giverny, dans l'Eure. Suite à ce choix, Isabelle Balkany a tenté de mettre fin à ses jours et est actuellement hospitalisée, selon son mari. Interrogé sur LCI depuis sa propriété, Patrick Balkany a fustigé cette décision de justice et s'est montré très suspicieux quant à la date de cette annonce. 

"La peine de bracelet devait se terminer le 10 mars prochain. Et là, comme par hasard, on nous fait un procès comme ça, au dernier moment, juste avant la fin de la peine. Je trouve cela bizarre", a avancé l'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). "C’est la vie, il y a des hauts et des bas", a-t-il poursuivi. "Il y a des hommes politiques qui ne méritent pas le sort qu'on leur réserve. Je pense à ceux qui sont emprisonnés ou à ceux qui vont avoir un bracelet, comme moi. Je pense qu'il y a parfois des corrélations un peu bizarres."

"C'est sûrement très utile de nous mettre en prison"

Tout en affirmant ne pas avoir "peur d'aller en prison", Patrick Balknay a nié avoir fait entorse à son assignation à résidence, pour laquelle le couple ne bénéficiait d'aucun droit de sortie hormis entre 14h et 18h. "On a toujours respecté cela", a-t-il plaidé. La justice relève pourtant des centaines d'"incidents" depuis mars 2021. Il indique seulement s'être rendu au portail de sa résidence, qui était éloigné. 

L'ex-baron de la droite a annoncé vouloir tenter un recours en Cour de cassation, mais n'en "rien" espérer. "J’aurai voulu que la justice soit plus juste. Pas plus indulgente - je porte un bracelet électronique - mais qu’on vous reproche uniquement d’aller ouvrir une porte... bon !", a-t-il regretté, affirmant "ne pas avoir l'impression d'être dangereux pour la société".

Après avoir été incarcéré le 13 septembre 2019, condamné pour une "fraude fiscale massive" à quatre ans de prison, l'ex-édile avait été libéré le 12 février 2020 pour raison de santé. Ancienne première adjointe au maire et vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, Isabelle Balkany avait, quant à elle, été condamnée à trois ans de prison sans mandat de dépôt à cause de son état de santé, après une tentative de suicide début mai 2019. Le couple avait été condamné pour fraude fiscale le 4 mars 2020 à une peine de trois ans de prison et placé sous bracelet électronique en mars 2021. 

L'ancien maire de Levallois-Perret a par ailleurs affirmé "reconnaître la condamnation", mais a estimé à demi-mot être victime d'un acharnement judiciaire. "Je conteste, mais je paie, car il y a des choses que j’ai reconnues. On paie tous les mois... ce que l’on peut, mais on paie. On touche seulement nos retraites", a-t-il insisté.

"C'est sûrement très utile de nous mettre en prison, de faire en sorte que ma femme, qui était fragile comme tout, fasse encore une tentative de suicide", a-t-il encore avancé, affirmant que "le juge d'application des peines, le tribunal, tout le monde savait dans quel état elle était". Patrick Balkany a indiqué n'avoir aucune nouvelle sur l'état de santé de sa femme, mais "espère qu'ils vont la sauver". "Ça me tracasse plus que tout".


La rédaction de TF1info

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