Photos et sons du Bataclan diffusés au procès du 13-Novembre : "Aujourd'hui, on a vu la réalité du terrorisme"

Publié le 1 avril 2022 à 17h12, mis à jour le 1 avril 2022 à 17h29
JT Perso
Comment désactiver votre Adblocker
  • Cliquez sur l'icône de votre Adblocker installé dans votre navigateur. En général elle se trouve dans le coin supérieur droit de votre écran. Si vous utilisez plusieurs adblockers, veillez à bien tous les désactiver pour pouvoir accéder à votre vidéo.
  • Suivez les instructions indiquées par votre Adblocker pour le désactiver. Vous devrez peut-être sélectionner une option dans un menu ou cliquer sur plusieurs boutons.
  • Lorsque votre Adblocker est désactivé, actualisez votre page web.
  • Remarque : Si vous utilisez le navigateur Firefox, assurez-vous de ne pas être en navigation privée.
adblock icone
Un bloqueur de publicité empêche la lecture.
Veuillez le désactiver et réactualiser la page pour démarrer la vidéo.

Source : TF1 Info

Des audios de l'attaque du Bataclan et des photos montrant les corps des victimes ont été diffusées ce vendredi à l'audience.
Plusieurs personnes ont quitté la salle avant que les clichés n'apparaissent sur le grand écran.

Ambiance particulièrement lourde ce vendredi au 104e jour du procès des attentats du 13-Novembre, où allaient être diffusées, à la demande du président de l'association Life for Paris Arthur Dénouveaux et après l'accord de la cour, des audios de l'attaque du Bataclan et des photos prises sur la scène de crime. Si la décision de voir et d'entendre ces documents n'avait pas fait l'unanimité au sein des parties civiles, la salle est comble pour l'occasion. Sur les bancs, des parties civiles s'embrassent, d'autres s'enlacent.

Puis l'audience reprend. "Nous allons donc faire la projection de photos, et la diffusion de l'enregistrement audio. On va commencer par les extractions que j'ai effectuées à la demande de Life for Paris pour l'audio. Trois passages audios vont être reproduits : le début de l'attaque du Bataclan par les terroristes, le moment de la prise d'otages, et l'assaut final et l'évacuation des personnes à l'intérieur de la salle du Bataclan", détaille le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès. 

Il précise ensuite que "les personnes ne sont pas obligées d'assister à cette séquence", et que la webradio, qui permet aux victimes qui suivent le procès à distance, va être coupée pour l'occasion. "Je rappelle que l'usage d'appareil pour la captation est interdit et les forces de l'ordre sont là. Ça semble important que rien de ces images et sons sortent de la salle d'audience", ajoute-t-il. 

Des tirs de kalachnikovs et des râles

Silence glacial dans la salle quand la cour commence à diffuser le premier son, extrait comme les autres, d'un enregistrement audio de deux heures trente, capté par le dictaphone d'un spectateur resté allumé pendant l'attaque. Les Eagles of Death Metal jouent le morceau Kiss the Devil. Soudain, des tirs nourris de kalachnikovs, des cris. Les coups de feu cessent, puis reprennent, en rafale, ou au coup par coup. Des cris, des râles. 

Dans le deuxième extrait, on entend notamment un otage terrifié hurler aux forces de l'ordre : "ils ont des engins explosifs, ne venez surtout pas sinon ils feront tout péter". 

Le président diffuse enfin la bande son de l'assaut final, avec l'évacuation des spectateurs. Dans la salle, un brouhaha, des détonations, des consignes des forces de l'ordre : "Allez, allez, allez", "Dépêchez-vous, dépêchez-vous", "Les mains en l'air". Une voix apeurée dit : "Je suis otage", une autre :" il y a mon mari, il y a mon mari". "Est-ce qu'on a des otages là ?", demande ensuite un membre des forces de l'ordre. "Non, ils sont descendus ", répond son collègue. Fin de la diffusion des audios. 

Des victimes quittent la salle, d'autres pleurent

Le président reprend la parole : "Nous allons maintenant voir les photos, si des personnes veulent sortir". Plusieurs parties civiles quittent la salle. Car si un bref extrait audio de l'attaque djihadiste avait déjà été diffusé à l'audience, aucune image de la tuerie ne l'a été. 

La lumière de la salle s'éteint. Sur l'écran géant défilent alors une trentaine de photos. D'innombrables cavaliers jaunes qui servent de repères aux enquêteurs sur les scènes de crime sont posés sur le sol, lui-même couvert de sang, de sacs, de vêtements, et de corps. Face contre terre, sur le côté, regard vers le ciel, les victimes sont partout. Devant le bar, à l'étage. Le président : "Là, c'est la fosse, avec de très nombreux corps au sol", décrit le président. Les images se succèdent, Jean-Louis Périès commente, ému, "là des corps", "là, encore des corps". Sur les bancs des parties civiles, les larmes coulent. Une autre image apparaît "Là, les restes du corps du terroriste Foued Mohamed Aggad", dit Jean-Louis Périès.  

Dans le box, les accusés fixent le sol, évitent les images. Seul Salah Abdeslam lèvera la tête au moment où il est question du corps du terroriste. La projection se termine, les lumières se rallument. L'audience est suspendue.

"Très complémentaire aux cinq semaines de témoignages"

"Aujourd'hui, on a vu la réalité du terrorisme. La réalité de l'horreur du 13-Novembre. Et c'est quand même ça qu'on est venu juger et qu'on continuera à juger pendant plusieurs mois, déclare Arthur Dénouveaux après la diffusion des différents documents. C'était très complémentaire des cinq semaines de témoignages. Là on peut mettre des images sur tout cela et se rendre compte de l'inhumanité qui est arrivé ce soir-là."

"Ces images et ces bandes sons, elles sont hyper violentes mais c’est la réalité de ce qu’on a vécu", commente Marie, rescapée du Bataclan. La jeune femme très touchée par ces moments d'audience ajoute :"Je repense beaucoup à la perte de mon ami et à son absence aujourd’hui sur les bancs. C’est ça qui m’émeut particulièrement. Ces sons et ces images me rappellent que lui n’a pas survécu à tout ça".

À la reprise, à l'occasion de son interrogatoire, l'accusé Yassine Atar, frère d'Ousama Atar qui est soupçonné d'être l'un des cerveaux des attaques terroristes, déclare "J'ai été très choqué de ce que j'ai vu et ce que j'ai entendu. C'est glaçant, c'est choquant. Une fois de plus, je condamne avec la plus grande force et avec la plus grande fermeté toutes ces atrocités", assure l'accusé qui clame son innocence dans cette affaire. 


Aurélie SARROT

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info